Le paysage sonore de Paris va changer. Dans quelques mois, de nouvelles cloches seront hissées dans les tours de Notre-Dame, sur l’île de la Cité. Le cœur de la capitale aura alors un nouvel organe, plus puissant, plus consonant, mieux accordé. De nouveaux carillons rythmeront les temps liturgiques et historiques dont la cathédrale est le vénérable métronome depuis bientôt … huit cent cinquante ans. Un appel d’offres a été lancé pour la fourniture et la pose des neuf cloches, dont on connaîtra dans les tout prochains jours le ou les lauréats.
Marie rejoindra Emmanuel
L’affaire est à la fois dérisoire et fondamentale. Dérisoire, car qui écoute encore les cloches aujourd’hui ? Qui peut les entendre quand leur appel est noyé dans le vacarme de la circulation automobile ? Quel Parisien - si ce n’est quelques prêtres et habitants de la Cité - s’est jamais préoccupé de savoir combien il y avait de cloches là-haut et quel genre d’airs elles déversaient sur le point zéro des cartes routières de France et la tête des touristes japonais ? Affaire capitale pourtant, puisqu’il s’agit de donner à Notre-Dame-de-Paris une voix digne d’elle, c’est-à-dire digne d’un monument qui fut le grand théâtre de l’histoire de France, le lieu de quelques couronnements, qui reste la scène encore active de rites républicains comme les obsèques des chefs d’Etat, le point de ralliement de près de 14 millions de visiteurs chaque année, ainsi, bien sûr, que la Mecque du catholicisme français.
Mais le chantier est patrimonial et musical avant même d’être religieux. L’idée générale : rétablir la sonnerie de 1686, qui a perduré jusqu’à la Révolution. C’est-à-dire jusqu’à ce que la quasi-totalité des cloches soient fondues pour faire des canons.
D’abord, quelques réponses aux questions ci-dessus. La tour Sud abrite une unique cloche, le «bourdon» Emmanuel, qui est l’unique survivante de la sonnerie initiale. C’est la seule cloche de qualité de l’édifice, la seule qui sera conservée. Cet (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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