Dans l’impasse depuis le 6 mai, Athènes pourrait proposer un «gouvernement de personnalités» aujourd’hui.
Rien n’est réglé mais le pire a, du moins pour le moment, été évité. Les dirigeants du parti conservateur Nouvelle Démocratie, du parti socialiste Pasok et de la petite formation de gauche pro-européenne Dimar, convoqués hier par le chef de l’Etat, Carolos Papoulias, pour tenter d’éviter un retour aux urnes, ont finalement décidé d’un nouveau rendez-vous aujourd’hui.
Elargie cette fois à tous les partis sauf les néonazis, cette nouvelle réunion évoquera un «gouvernement de personnalités» afin de sortir de l’impasse politique créée par les élections anticipées du 6 mai et la poussée des partis opposés à l’austérité. «Au nom de l’urgence», le Pasok accepte cette proposition, les deux autres veulent bien en discuter mais exigent que Syriza - le parti de gauche anti-austérité propulsé deuxième force politique le 6 mai - soutiennent aussi ce cabinet.
Tabou. Hier, cette instabilité grecque a de nouveau fait craquer les nerfs des marchés financiers : toutes les Bourses ont plongé dans le rouge (- 2,29% à Paris, - 2,66% à Madrid, - 2,74% à Milan, - 1,97% à Londres ou - 1,94 % à Francfort). Et, plombé par ce climat, l’euro a dégringolé face au billet vert, s’enfonçant en dessous de 1,29 dollar. La Grèce a beau fonder de grands espoirs en François Hollande pour impulser une autre voie que l’austérité en Europe, l’heure n’est pas à la mansuétude chez les partenaires d’Athènes. Chez les responsables allemands, ce n’est pas une surprise. Mais désormais même à la Commission et à la Banque centrale européenne (BCE), le scénario d’une sortie de la Grèce de l’euro n’est plus tabou.
Ce «scénario extrême» ne mettrait en difficulté aucun groupe financier français, a par exemple assuré hier Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Tandis que son homologue belge, Luc Coene, ne craignait pas d’évoquer, dans le Financial Times, la possibilité d’un «divorce à l’amiable» entre (...)
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