Ce n’est pas une bonne nouvelle : le centre agonise. François Bayrou, son leader charismatique, est en passe d’être battu dimanche dans son fief des Pyrénées-Atlantiques. Comme il l’a reconnu lui-même avec une franchise et un panache qui ne sont pas monnaie courante durant les soirées électorales, les Béarnais n’ont ni compris ni approuvé son choix de voter en faveur de François Hollande. Il sera donc sanctionné par le suffrage universel. C’est peut-être injuste mais cela semble irrémédiable. Pire : il entraîne dans sa chute le Modem tout entier qui n’atteint pas 2%, alors qu’il recueillait encore 7,61% en 2007. Il y a cinq ans, François Bayrou avait créé la surprise en dépassant les 18% au premier tour de l’élection présidentielle et en s’imposant comme le troisième homme. Il faisait alors figure d’alternative. Cette année, il n’a pas atteint les 10%. Bien qu’il se soit montré sans doute le plus réaliste de tous dans ses propos de campagne, il n’a obtenu aucun écho et n’a suscité aucun élan. Bien conseillé (Jean Peyrelevade, Robert Rochefort) il avait choisi d’être le plus véridique sur la situation économique et sociale de la France et le plus courageux sur les recettes pour en sortir. Son message programmatique a cependant été complètement éclipsé par son positionnement politique. Allergique aux valeurs et au style de Nicolas Sarkozy, François Bayrou a choisi d’entrer dans l’opposition, puis de se rapprocher de François Hollande. Ses électeurs ne l’ont pas suivi. La base centriste penche plus vers la droite modérée que vers la gauche réformiste. Cette donnée structurelle rendait d’ailleurs chimérique l’ambition de François Bayrou de prendre la tête d’une grande formation recomposée avec les centristes de la majorité sortante.
Le crépuscule du Modem n’est pas isolé. Le Nouveau Centre d’Hervé Morin a fait pâle mine au soir du premier tour. Son chef de file a fait beaucoup sourire à ses dépens durant la campagne présidentielle. Dans la prochaine assemblée, les (...)
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