Ministre de la Parole ou du Redressement productif ? Depuis son entrée au gouvernement, Arnaud Montebourg multiplie coups d’éclat, coups de menton et coups de gueule. Qu’une usine ferme ou une entreprise vacille, et le voilà entouré de caméras dans des manifestations de volontarisme politique qui rappellent celles de Nicolas Sarkozy. Avec un discours aussi bien rodé sur le capitalisme prédateur, l’immoralité de certains patrons et l’apologie de l’Etat qui «ne laissera pas faire». Le précédent quinquennat, et son issue électorale, invite pourtant les Français au scepticisme, voire à la défiance quant à l’efficacité de telles méthodes, incapables d’inverser le cours d’un interminable marasme économique ni d’empêcher les licenciements de masse. Ce n’est évidemment pas une raison pour renoncer. Mais conjuguer le temps court de la crise et le temps long de la politique industrielle demeure la clé. Si la première saute aux yeux des Français, la seconde peine toujours à se dessiner, nimbée d’un flou dont on se demande quand, de quelle manière et à quel prix il se dissipera. En s’invitant ainsi au cœur du débat économique, en demandant aux patrons qui licencient de se justifier, en essayant de briser le cercle de la raison, Montebourg veut conjurer la fatalité. Au risque d’apporter des preuves supplémentaires que les Etats savent à nouveau parler fort mais demeurent radicalement impuissants.
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