Patrick Salameh est soupçonné du meurtre de trois prostituées marseillaises en 2008. Il est également mis en examen pour la disparition d’une baby-sitter.
Il utilise des couleurs pour faire ressortir les titres. Surligne certains passages, et n’hésite pas, s’il les considère importants, à les citer dix fois dans un même courrier. Depuis le quartier d’isolement de la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône) où il est enfermé depuis trois ans et demi, Patrick Salameh, 55 ans, multiplie les courriers à ses avocats. Il écrit également au juge et aux procureurs contre lesquels il ne cesse de porter plainte. Son message est toujours le même : il est innocent quand la justice tout entière s’acharne à le voir coupable. Et pas n’importe quel coupable, le nouveau tueur en série de Marseille. Entre début octobre et mi-novembre 2008, Patrick Salameh est soupçonné d’avoir enlevé, puis tué, trois prostituées de la cité phocéenne. Alors que la juge d’instruction s’apprête à clore le dossier cette semaine et à fixer une date d’audience devant la cour d’assises, aucun des trois corps n’a été retrouvé.
Numéro griffonné. La première énigme s’appelle Yrina S. Cette prostituée ukrainienne, âgée alors de 42 ans, disparaît dans la nuit du 5 octobre 2008. Quelques jours plus tard, ses collègues, inquiètes, donnent l’alerte et racontent aux enquêteurs n’avoir retrouvé sous un auvent du boulevard Sakakini dans le centre-ville de Marseille, où elle a installé son QG, que des «serviettes éponge, lingettes, mouchoirs, préservatifs». Bref, ses affaires personnelles. La jolie blonde, dont la photo du passeport montre un visage gracieux mais fatigué, n’est jamais venue les récupérer. Le 22 octobre, deux semaines plus tard, c’est Cristina B. qui s’évapore. D’après son petit ami et sa demi-sœur, la Roumaine de 27 ans connue dans le métier comme «Marina» est bien partie ce jour-là pour travailler. Mais n’est jamais revenue à l’hôtel HM, son pied-à-terre marseillais. Près du Bricorama de l’avenue du Prado, (...)
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