C’est jeudi que doit avoir lieu le comité d’entreprise (CE) d’Air France. Une réunion qui avait fait craindre un temps aux syndicats l’annonce d’un plan de restructuration qui se traduirait par la suppression de 3 000 à 5 000 postes. En réalité, pour Béatrice Lestic, secrétaire général de la CFDT Air France, sauf annonce surprise, ce qui est attendu jeudi, c’est d’abord un plan industriel. Le deuxième volet, sur la question de l’emploi, fruit d’intenses tractations entre direction et syndicat, ne devrait intervenir que fin juin-début juillet. « C’est alors que nous saurons ce que nous avons perdu comme acquis sociaux et sinon, combien doivent partir et comment, par quel biais ».
« Pour paraphraser le discours politique actuel, nous sommes d’accord sur la cure d’austérité à condition qu’il y ait de l’autre côté, des mesures de croissance ». L’inspiration, c’est le « modèle allemand » : les syndicats accepteraient des concessions sur le temps de travail par exemple, en échange de mesures destinées à relancer l’activité. « On a vécu sur le modèle Air France pendant dix ans », estime Béatrice Lestic. « Aujourd’hui, nous sommes prêts à faire des sacrifices, à condition qu’on nous fasse des propositions, un projet d’avenir pour l’entreprise. Quitte à revenir sur les concessions accordées une fois que la croissance sera revenue ». En revanche, pas question de toucher aux rémunérations. Du côté de la direction, on refuse de commenter le plan avant le CE.
Ne pas laisser les gens sur le carreau
Avec une dette qui se monte à près de six milliards d’euros, la direction d’Air France espère une économie de l’ordre de 20% de ses coûts. Le plan d'économies échelonné sur trois ans, baptisé « Transform 2015 », a déjà été annoncé, en janvier de cette année. Il prévoit le gel des salaires et des embauches, mais également une réduction des effectifs. Environ 800 personnes quittent Air France chaque année, soit 2 400 d’ici trois ans. Il resterait donc encore 2 500 personnes concernées (...)
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