Licenciée de chez Prodex (petit électroménager made in France qui délocalise en Hongrie) où elle a travaillé dix-huit ans à l’assemblage, Christine broie du noir. Bourrée de tranquillisants, elle reste prostrée chez elle et ressasse devant sa copine Cathy qui essaie de lui changer les idées. «Pour moi, il n’y a que Prodex ! C’est comme si j’y étais encore, chez Prodex. Et tant que je n’aurai pas retrouvé du travail ailleurs - par exemple chez Bolinka - je resterai une Prodex ! Et fière de l’être !» Frédéric, son mari, qui rentre du boulot, n’a pas plus de succès. Son «Bonsoir, cœur. Ta journée s’est bien passée ?» s’attire un cinglant «Ne change pas de sujet de conversation !»
Cagibi. C’est le début de Cassé, la pièce de Rémi De Vos (1) que Christophe Rauck met en scène au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, qu’il dirige, et c’est très drôle. D’une actualité plutôt dramatique, De Vos fait une comédie sociale qui carbure à l’humour noir. Dans le genre obsessionnel et tête à claques, Virginie Colemyn, qui interprète Christine, est parfaitement butée. Christine n’est pas la seule à avoir des problèmes d’emploi. Frédéric (Grégory Gadebois), son mari, programmateur informatique, est confiné dans un cagibi, quand on ne lui demande pas de vider les corbeilles à papiers. Autour de lui, dans sa boîte en restructuration, ses collègues se suicident à la pelle, mais Frédéric s’affirme content de son sort : «Depuis que je sors les poubelles, j’ai repris goût à la vie», ce qui exaspère sa femme et Jean-Bernard (Philippe Hottier), son copain syndicaliste. L’épidémie de suicides donne à Christine l’idée d’une arnaque à l’assurance, promise bien sûr à un destin désastreux.
Dans la mise en scène de Christophe Rauck, la cuisine où se déroule toute l’action est un espace qui se multiplie, comme si le seul horizon était la possibilité de changer les éléments de place - réfrigérateur à droite ou à gauche, placard d’un côté ou de l’autre de la fenêtre. L’usage de toiles peintes et (...) Lire la suite sur Liberation.fr
Molières même pas morts
«Cancrelat», la guerre en ce préau
«Le conflit peut revenir dans deux ans»
Rideau sur la grève à la Comédie-Française
Rosy Varte : adieu Ma’me Maguy



Il n'y a pas encore de commentaires