MOREHEAD CITY, Caroline du Nord (AP) — L'ouragan Irene a atteint samedi les côtes de Caroline du Nord, avec de fortes pluies et des vents soutenus de près de 140km/h. Plus de deux millions d'habitants de la façade atlantique des Etats-Unis ont reçu un ordre d'évacuation et le métro de New York a été fermé en raison des risques d'inondations.
Selon le Centre national des ouragans (NHC), le cyclone a perdu de l'intensité dans la nuit de vendredi à samedi et a été rétrogradé en catégorie 1. Il a atteint samedi à l'aube les côtes de Caroline du Nord près de Jacksonville, avec des vents soutenus de 137km/h et des rafales à 185km/h.
Selon les prévisions, l'ouragan accompagné de très fortes pluies va remonter vers le nord, à 22km/h, et longer la côte est des Etats-Unis. Il devrait atteindre New York dimanche avant de poursuivre sa route, en s'affaiblissant, vers la Nouvelle-Angleterre. Toute la côte orientale des Etats-Unis est en alerte. Cette région la plus peuplée du pays, avec 65 millions d'habitants, comprend notamment Washington, Baltimore, Philadelphie, New York et Boston.
Même rétrogradé en catégorie 1, Irene reste un ouragan dangereux, capable d'engendrer de fortes vagues et une importante montée des eaux, souligne le NHC. "Les dangers sont les mêmes. L'accent, avec cet ouragan, est mis sur sa taille et sa durée", explique le prévisionniste Mike Brennan. Irene s'étend sur un diamètre de 800km, et ses effets peuvent être ressentis sur des centaines de kilomètres au-delà du centre de la perturbation.
Le premier décès dû à l'ouragan a été signalé dans le comté de Nash, près de Raleigh en Caroline du Nord. Selon les services de secours, un homme est mort écrasé par une branche arrachée d'un arbre. Des dégâts matériels ont été recensés, ainsi que d'importantes coupures d'électricité affectant des dizaines de milliers de foyers.
C'est le premier ouragan important à menacer depuis 2004 la côte est des Etats-Unis. Le président Barack Obama, qui a écourté vendredi ses vacances sur l'île de Martha's Vineyard (Massachusetts) et regagné Washington, a enjoint aux habitants des régions concernées de prendre au sérieux la menace. "N'attendez pas. Ne perdez pas de temps (...) Vous devez écouter les consignes de vos responsables locaux et s'ils vous donnent un ordre d'évacuation, s'il vous plaît, suivez-le", a souligné le chef de la Maison Blanche.
Les ordres d'évacuation concernent quelque 2,3 millions d'habitants, dont un million dans le New Jersey, 315.000 dans le Maryland, 300.000 en Caroline du Nord, 200.000 en Virginie et 100.000 dans le Delaware.
"C'est probablement le plus grand nombre de gens menacés par un seul ouragan aux Etats-Unis", note Jay Baker, professeur de géographie à l'Université de l'Etat de Floride.
L'ouragan, dans le pire des cas, pourrait provoquer des milliards de dollars de dégâts, estime Kathleen Tierney, directrice du Centre de recherches sur les catastrophes naturelles à l'Université du Colorado. De nombreuses villes, ports, aéroports, autoroutes, lignes de chemin de fer et cultures se trouvent sur sa trajectoire.
Une alerte à l'ouragan est en vigueur de la Caroline du Nord au Massachusetts, et notamment dans la ville de New York, où quelque 300.000 habitants ont reçu un ordre d'évacuation à l'approche d'Irene. C'est la première alerte de ce genre dans cette métropole depuis plus de vingt ans.
Les autorités ont déclaré l'état d'urgence dans dix Etats et mis en alerte 6.500 soldats ainsi que des centaines de membres de la Garde nationale. Elles ont aussi suspendu les transports en commun à New York, dans le New Jersey et dans la banlieue de Philadelphie à partir de samedi à la mi-journée. Les compagnies aériennes ont annulé plus de 8.300 vols prévus au cours du week-end, tandis que les liaisons ferroviaires entre Washington et Boston ne seront pas assurées dimanche.
A New York, l'ordre d'évacuation concerne les habitants de secteurs en bord de mer, dont Battery Park City à la pointe sud de Manhattan, Coney Island à Brooklyn, et Far Rockaway dans le Queens.
La municipalité invite ces habitants à se rendre dans de la famille, chez des amis ou dans l'un des centres d'hébergement ouverts dans la ville, d'une capacité d'accueil de 71.000 personnes. "Nous n'avons pas les effectifs pour faire du porte-à-porte et tirer les gens hors de chez eux. Personne n'ira en prison" s'il refuse de partir, a déclaré le maire de New York, Michael Bloomberg. Mais refuser d'évacuer, c'est prendre le risque de s'exposer à des conditions météo extrêmes, des inondations et "mourir", a-t-il averti.
Quant au métro, dont les centaines de kilomètres de souterrain risquent d'être inondés, il a été complètement fermé, au moins jusqu'à lundi. Tous les aéroports de la ville, dont JFK, La Guardia et Newark, ont également été fermés au trafic. La Grosse Pomme n'avait pas connu d'ouragan depuis le passage de Gloria en 1985. AP
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