Le décès tragique, mais pourtant quasiment programmé, de la chanteuse Whitney Houston, disparue hier à l'âge de 48 ans, va, une fois de plus, alimenter les chroniques sur le destin funeste des stars. On évoquera les fantômes de Marilyn, de Janis et, évidemment d'Amy Winehouse, pour affirmer, une fois de plus, que le talent ne fait pas le bonheur et que le succès peut tuer. Overdose, suicide ou plus simplement usure provoquée par une vie d'excès, les tristes exemples ne manquent pas dans l'histoire du show business, d'une Billie Holiday disparue à 44 ans à un Jim Morrison, un Elvis Presley ou un Michael Jackson fauchés dans la force de l'âge. Comme si les effets de la gloire étaient inversement proportionnels à la durée de vie et qu'un don exceptionnel devait immanquablement se payer, un jour ou l'autre.
On verra apparaître ici ou là dans les commentaires inhérents à ce genre d'évènement, les mots déchéance et descente aux enfers, on assistera aux témoignages de ses collègues « sous le choc », à la traditionnelle cohorte de fans éplorés. L'industrie du disque en profitera pour rééditer les plus grands succès de la diva disparue, voire même un nouvel album inédit. Cortège prévisible, salamalecs rituels. Mieux encore, on reverra Whitney Houston sur les écrans, dans « Sparkle », un film qu'elle venait de tourner, adapté d'une comédie musicale des seventies et librement inspiré de l'histoire des Supremes, et qui conte, quelle coïncidence, l'ascension et la chute de trois chanteuses victimes de la drogue.
Reste qu'une interprète exceptionnelle, une de ces voix comme il n'en existe que bien peu par siècle, s'est tue. S'est tuée ? « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux » disait Alfred de Musset. Qui ajoutait « Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots ». « I will always love you » chantait Whitney, dans un de ses plus célèbres tubes. On ne saurait rêver plus belle épitaphe.


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