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    Robin Gibb : ci-gisent les Bee Gees

    les Bee Gees, Barry, Maurice et Robin

    Les Bee Gees, pour les plus de, disons, quarante balais, ça restait autre chose que les bêlements disco de "La fièvre du samedi soir". Quand je dis bêlements, rien de péjoratif : le singulier chevrotement émis par les gosiers des frères Gibb, avec vibrato nasal mordoré, demeure une marque de fabrique unique dans l'histoire de la pop music. De même que leur origine, restée mystérieuse pour beaucoup : des anglais émigrés en Australie avant de revenir en Angleterre et de finir par s'installer aux Etats Unis.

    Mais le plus épatant, et ils sont peu de groupes à avoir réussi cet exploit, c'est d'avoir accompli deux carrières couronnées de succès. La première, zébrées de jolis tubes doucereux qui permettaient aux jeunes des sixties de se dandiner en une danse prétendument sensuelle et prénuptiale appelée slow. Qui n'a jamais écouté "Massachussets" (aussi difficile à orthographier qu'à prononcer), "Words" ou "I started a joke", ne peut comprendre la moite griserie d'enlacer une partenaire plus ou moins docile sous des lumières tamisées.

    Avec "Staying alive" et autre "Saturday night fever", changement de décennie, de tonalité et d'acrobatie. L'ère disco débutait, symbolisée par les cols pelles à tartes de John Travolta  et les paillettes de Boney M ou de Donna Summer, tous deux également récemment tombés au champ d'honneur des ex-idoles de veille de week-end.

    Robin Gibb, la principale voix de fausset des Gibb Brothers nous a donc quittés aujourd'hui,  neuf ans après son jumeau Maurice et  vingt-quatre ans après leur cadet Andy, qui lui, ne fit jamais partie de la confrérie. Reste Barry le barbu, à qui nous adressons évidemment nos plus sincères condoléances. Avec les Bee Gees, s'éteint définitivement une ère d'insouciance et de batifolage qui, quoiqu'il puisse arriver désormais, restera à jamais gravée dans nos mémoires. Staying alive…

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