allons enfants de la chanson...
Nicolas Sarkozy aime Mireille Mathieu et Johnny Hallyday. François Hollande confond Michael Jackson et les Stones (vu à Bourges). Giscard d'Estaing jouait de l'accordéon et Mitterrand appréciait Dalida. La fonction présidentielle ne semble pas être en harmonie avec les goûts musicaux, même si l'un de nos chefs d'état a épousé une chanteuse. A l'inverse, les artistes manifestent parfois des passions politiques. On a ainsi vu, entre autres, Cali dans les bras de Ségolène, Enrico aux côtés de Nicolas, Zebda en compagnie de François. Pas sûr que ça leur ait fait vendre moins ou davantage de disques. Du coup, après la désuète qualification de chanteur rive gauche en vogue dans les années 60, on peut désormais parler de chanteur de gauche : pas forcément engagé dans ses textes, mais plutôt exhibé dans ses choix politiques. De même, il existe des chanteurs de droite, Michel Sardou en fut l'un des retentissants pionniers.
Est-ce important de savoir pour qui tel ou tel artiste a l'intention de voter? Les fans de Yannick Noah ou de Benjamin Biolay poussent-ils le mimétisme jusqu'à placer dans l'urne le même bulletin que celui de leur idole ? Plus généralement, est-ce le rôle d'un artiste, par définition bateleur public, de clamer tout haut ce qui, au fond, ne regarde que lui ? On peut apprécier Françoise Hardy et considérer que sa déclaration de fuite fiscale en cas de gauche au pouvoir est aussi incongrue que ridicule.
Il y a bien longtemps, Mireille Mathieu consacrait un hymne à la gloire du général de Gaulle. Plus récemment les Wampas affirmaient vouloir voir "Chirac en prison". Dans l'histoire des variétés, les chansons adressées à des personnages politiques ne manquent pas, de la lettre du "Déserteur" de Boris Vian" au "Sarkoland" de Trust, en passant par le "Arlette" de Souchon ou le "Marine le Pen, je le crois pas" (titre exact "Le 20-04-2005") de Philippe Katerine. Que les chanteurs se transforment en chansonniers, la tradition française est respectée. Pour le reste, il existe des lieux idoines : on appelle ça des isoloirs.
