le grand Bobby...Tempête. C'est le titre du nouvel album (le 35ème studio) de Bob Dylan, qui émeut la critique en ce moment. Un disque, comme son titre l'indique, orageux et tumultueux dans lequel Zimmerman se replonge dans les racines musicales qui l'ont inspirées, celles, blues, hillbilly ou country, qu'il détaille dans ses remarquables "Chroniques" publiées en 2005. Un nouvel album d'un type qui fête cette année ses 50 ans de carrière, ça devrait n'exciter que les survivants soixante-huitards sur le tard qui ont gratté la guitare le soir… D'autant que le personnage en question, immense artiste mais olibrius distant, a sans cesse zigzagué de concerts bâclés (le dernier, cet été aux Vieilles Charrues) en disques dispensables, avec une morgue que même ses plus grands fans (j'en suis) ont pu trouver désinvolte et agaçante. Adjectifs qui font partie de sa légende, à défaut de son charme…
Mais bon, comme chantait Delpech, Dylan is Dylan. Et son influence n'a cessé de croître, même dans notre douce France dont les autochtones (j'en suis) n'ont pourtant généralement entravé que pouic à ce que le barde yankee racontait. La preuve, notre cabri folk à nous, Francis Cabrel, va publier sous peu un album intitulé "Vise le ciel" et intégralement consacré aux chansons du Maître. Onze titres qu'il a soigneusement choisis pour ne pas piétiner les santiags d'Hugues Aufray, et qu'il a consciencieusement et quasi littéralement (respect oblige) traduits en français. Ainsi, "Like a woman" devient "Comme une femme", "A simple twist of fate" "Un simple coup du sort" et "It's all over now, baby blue"… "Tout se finit là, Bébé bleu". Les railleries ont beau fuser, notre Francis, qui n'a jamais caché sa passion pour le grand Robert, est sans conteste l'un de ses plus légitimes disciples (peut-être avec Stephan Eicher côté helvète qui, lui aussi, publie un nouvel album, "L'Envolée", mais sans Dylan).
En tout cas plus qu'Antoine, le globe-trotter en liquette hawaïenne qui fait son retour discographique avec l'album "Demain loin", dans lequel figure une chanson sobrement intitulée "Zimmerman", à la gloire de qui vous savez. Pour l'occasion, l'élucubrateur des années 60 (après tout, à l'époque, on l'avait comparé à Dylan, il avait même repris "Like a Rolling Stone") a renoué avec la gratte sèche et le porte harmonica de ses années beatnik.
On le disait, Bob et les frenchies, c'est une histoire d'amour qui dure. Ci-dessous, quelques exemples d'artistes de chez nous qui ont tenté, avec plus ou moins de bonheur, d'interpréter les œuvres dylaniennes dans la langue de Molière. Comme des pierres qui roulent…
Hugues Aufray : "La fille du nord" ("Girl from the north country")
Richard Anthony : "Ecoute dans le vent" (Blowin' in the wind")
Nana Mouskouri : "Le ciel est noir" ("A hard rain's a- gonna fall")
Johnny Hallyday : "Maintenant ou jamais" ("If you gotta go, go now")
Bijou : "Si tu dois partir" ("If you gotta go, go now" bis…)
Francis Cabrel et Jean-Jacques Goldman : "La fille du nord" (en franglais…)
