Une diva flemmarde, un chien qui devient lion, un chanteur disparu sur le retour, un rappeur à roulettes, même pendant la trêve estivale, les stars continuent de tenter de faire l'actualité. Petit retour sur ceux qui ont défrayé la chronique ces derniers jours.
Madonna, on le sait, a déçu —le mot est faible- ses fans lors d'une prestation pour le moins rapide et lapidaire -en latin on appelle ça "coïtus interruptus"- dans le coûteux velours rouge de l'Olympia. "Remboursez !" ont scandé sur l'air des lampions les spectateurs frustrés, qui n'ont pourtant aucune chance de revoir les euros dépensés pour leur héroïne, qui les a traités plus tard de "voyous". Il faudrait qu'un jour se crée une association des usagers mécontents des concerts bâclés, un peu comme pour la SNCF (petit longuet aparté à ce propos : hier, je me suis vu refuser l'accès au quai de la gare de Toulouse alors que je voulais accompagner une personne âgée et de surcroît étrangère, jusqu'à son wagon. Motif : "seuls les voyageurs détenteurs d'un billet peuvent accéder à cette partie du train, vu qu'il n'y aura pas de contrôleur pendant le voyage". Pour la SNCF, il vaut mieux laisser les impotents se trimbaler seuls leurs valises plutôt que de risquer la présence d'un seul resquilleur. Service public, ils appellent ça…). Mais revenons à nos moutons, c'est-à-dire aux spectateurs tondus de Madonna, et aux autres. Si on créait l'association de défense évoquée plus haut, on pourrait épingler tous les artistes qui se foutent de notre gueule et de nos oreilles en donnant des concerts piteusement bâclés : par exemple Bob Dylan, refusant au festival des Vieilles Charrues la présence d'écrans géants pour mieux marmonner discrètement dans le micro, ou Lou Reed, assurant sur scène à peine le minimum syndical avec l'air de s'emmerder ferme.
A part ça, la semaine dernière, on a appris que notre comique rap préféré, Snoop Dogg, avait décidé de changer son nom en Lion, sous le coup d'une révélation mystique survenue en Jamaïque. Le mariage de la carpe et du lapin, en quelque sorte. Mais Snoopy n'est pas le seul à avoir ainsi joué avec différents patronymes : on se souvient de Cat Stevens, le barde à la barbe fleurie, devenu Yusuf Islam.Ou encore du minaudant Prince, se transformant en Love Symbol et autre Afkap, avant de retrouver sagement son mignon prénom. Sans oublier le non moins désopilant Puff Daddy, devenu dans le désordre P.Diddy, Money Man, Puffy, Diddy, et plus récemment Swag, histoire de remercier le Seigneur de lui avoir permis de survivre à une grippe…
A part ça, encore, le chanteur Jaz Coleman, sur le point de reformer son vieux groupe Killing Joke, a disparu sans laisser de traces ni donner de nouvelles, laissant ses comparses et surtout les promoteurs de la tournée prévue dans le plus profond désarroi. Les fans, s'il en reste, s'en foutent. Quant au rappeur yankee Lil Wayne, il a décidé d'abandonner le rap pour se consacrer au skateboard, selon lui "un véritable mode de vie" : qu'en pense l'un de ses plus fervents admirateurs, le nommé Barack Obama ?
A part ça, enfin, le groupe Pussy Riot, trois punkettes russes, a été mis en prison pour avoir chanté une "prière anti Poutine" dans une cathédrale de Moscou. Jarvis Cocker de Pulp, Johnny Marr des Smiths, des membres de Frantz Ferdinand et d'autres artistes britanniques ont immédiatement pris leur défense. Une nouvelle à la fois terrifiante et rassurante : en 2012, pour certains, le rock est toujours subversif. A suivre…

