le Zeppelin en rang d'oignons...Conférence de presse internationale, titres à la une, panneaux publicitaires, affiches, teasers, rumeurs, etc…. Mais de quoi diable s'agit-il ? Du nouveau clip érotique en 3D de Mylène Farmer ? De la reformation de Téléphone? Du premier album de Zlatan Ibrahimovic sur un label cathare? Pas du tout. Du "retour" de Led Zeppelin… via un film. C'est en effet ce qui agite le petit monde du rock et des médias ces temps derniers. L'objet du délire, un concert unique filmé le 10 décembre 2007 au O2 Arena de Londres, sous le titre un brin pompeux de " Celebration Day". Sur scène, Robert Plant, Jimmy Page et John Paul Jones, soit les trois quarts du groupe légendaire, accompagnés de Jason Bonham, fils du regretté batteur originel. Bref, un Led Zep quasi complet, réunion inédite depuis trente ans, si l'on excepte quelques apparitions furtives et anodines. Car si Page et Plant s'étaient de nouveau acoquinés pour pondre deux albums et effectuer quelques tournées dans les années 90, c'était sans leur troisième larron de bassiste-claviériste.
vol au dessus d'un nid londonienLe concert en question, filmé par Dick Carruthers, un habitué des captations live (ici sans les clips héroïco-fantaisistes de "The Song remains the same" le vieux film seventies de Led Zep) avait été donné à la mémoire d'Ahmet Ertegun, patron d'Atlantic Records, devant 20 000 spectateurs dont une jolie brochette de stars parmi lesquelles sir McCartney, les frangins Gallagher, The Edge ou Peter Gabriel… qui n'avaient sans doute pas payé les 125 livres (200 euros) du prix du billet. Deux heures de musique non stop, un défilé des classiques du groupe, de "Good times, bad times" à "Kashmir", en passant par les inévitables "Stairway to heaven","Whole lotta love" ou "Rock'n'roll". Avec un Plant à la voix plus intacte que la silhouette, un Page poly-manches au crin blanc classieux et une impeccable section rythmique inter générationnelle Jones senior-Bonham junior.
De quoi alimenter les conjectures : et si Led Zeppelin se reformait pour de bon? Après tout, on a déjà vu pire dans le genre, comme les retrouvailles du Velvet, des Stooges ou de Police. Durant la conférence de presse donnée à l'occasion de la présentation du film, le 21 septembre dernier, nos gaillards sont restés évasifs sur la question. Surtout Plant, qu'on prétend le plus hostile à l'idée. Et puis, finalement, à quoi bon ? Pour le fric ? Nos héros ne doivent pas en manquer, surtout si l'on extrapole les ventes du DVD et les entrées dans les salles de cinéma de la planète. Pour le fun ? Une fois semble suffire : "On s'est bien amusé" a laconiquement commenté Page à l'issue du concert. Pour la gloire? Ils l'ont acquise, à jamais. Et puis, dans le genre vieille légende qui s'obstine, on a déjà les Stones…
("Celebration day", en salles du 18 au 25 octobre; en cd, dvd et Blu-ray à partir du 19 novembre)
