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    L’enlèvement de Nicolas Sarkozy : l’enquête commence

    FICTION PRÉSIDENTIELLE. Épisode 2. A la veille du second tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy est enlevé lors d'une Garden-party à l'Elysée. Claude Hortefeux et Brice Guéant, inspecteurs de police, interrogent les leaders du PS, François Hollande en tête.

    Samedi 5 mai 2012, 14h03.

    Qui a bien pu m'enlever, à moi, Nicolas Sarkozy, hein ? Un ennemi politique ? Et si c'était François Hollande, celui que, plein de méprisance et d'ironisation, j'appelle le « petit » ? Sans moi, il deviendra président de la République. Quoiqu'avec la gauche la plus bête du monde, tout est possible... Ils se sont consumés dès l'affaire DSK. Justement, peut-être que le coupable est l'ancien président du FMI, croyant que je suis derrière le « complot » qui l'aurait fait tomber ? La liste est si longue...

    L'enquête s'annonce compliquée. Tous les présents ont un mobile. Au premier rang, l'opposition de gauche. Qui plus que François Hollande, peu à peu rattrapé puis dépassé dans les sondages par le président, aurait intérêt à sa disparition ? Voilà pourquoi François Hollande entre d'un pas mollasson, flanqué, comme d'habitude, à sa droite de Dominique Strauss-Kahn et à sa gauche de Martine Aubry.

    Brice Guéant : Madame, Messieurs, vous savez ce qui s'est passé...

    François Hollande : Non, justement ! C'est à ce titre que nous... ahem...

    Brice Guéant : C'est en qualité de suspects que vous êtes ici.

    François Hollande : Quoi, c'est un scandale !

    DSK : Ne t'inquiète pas, j'ai vu pire. Mes avocats Ben Brafman et William Taylor nous sortiront de là.

    Martine Aubry : Tais-toi Dominique, tu ne nous aides pas !

    Brice Guéant : Monsieur Strauss-Kahn, vous qui avez des antécédents judiciaires, quelle est votre ligne de défense ?

    DSK : En vertu du premier amendement de la Constitution, je ne parlerai qu'en présence de mes conseils judiciaires.

    Brice Guéant : Vous n'êtes pas aux Etats-Unis ! Je répète ma question (avec un ton menaçant).

    DSK : Si j'avais dû enlever quelqu'un, ça aurait été plutôt Carla... Et puis c'est Sarkozy qui m'a propulsé président du FMI, j'aurais tout lieu de lui témoigner de la reconnaissance.

    Brice Guéant : Pas faux. Et vous Madame Aubry ?

    Martine Aubry : Quoi moi ? Qu'est-ce que j'aurais à gagner ? Je vous rappelle que j'ai été battue à la primaire socialiste par le candidat du système.

    Brice Guéant : M. Sarkozy s'attaque à l'héritage de la gauche, en particulier les 35h que vous avez personnellement instituées...

    Martine Aubry : Sarkozy s'attaque à tous les acquis sociaux depuis le Front Populaire. Il a même fait une partie de sa campagne présidentielle 2007 contre mai 68. A croire que c'était De Gaulle qui parlait 40 ans après ! Mais bon, il y a une différence de taille entre les deux...

    Brice Guéant : Vous voyez que vous le détestez !

    Martine Aubry : Pas plus que François et vous voyez bien que je me suis retenue de l'enlever lors de la primaire, même si l'envie de le frapper m'a effleuré plus d'une fois.

    François Hollande : Mais Martineeeuh !

    Brice Guéant : Vous aviez une raison particulière de lui en vouloir ? Je précise : « lui » c'est M. Sarkozy. Vous réglerez vos comptes avec M. Hollande plus tard.

    Martine Aubry : En tant que première secrétaire du PS, j'en ai au moins six : Bernard Kouchner, Éric Besson, Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch, Frédéric Mitterrand, Fadela Amara. Tous des personnalités de gauche ou apparentées qu'il a débauchées dans son gouvernement. Mais si j'avais dû m'en prendre à quelqu'un, ça aurait été plutôt aux serpents plutôt qu'au charmeur de serpents.

    Brice Guéant : Et vous Monsieur Hollande ?

    François Hollande : Moi, je préfère ne pas me prononcer.

    Martine Aubry : C'est comme ça qu'il a fait toute la campagne des primaires. Et le pire, c'est qu'il a gagné !

    DSK : Tu es belle quand tu es colère Martine.

    Martine Aubry : Oh toi, fais attention, je te vois venir de loin.

    François Hollande : Calmez-vous les amis, nous défendons les mêmes valeurs...

    Martine Aubry : Vous croyez vraiment que ce petit mou à la recherche perpétuelle du consensus, ce synthétiseur d'idées et ratatineur de personnes a le profil-type d'un kidnappeur ? A la rigueur, il peut ravir la France sur un malentendu mais pas plus.

    Brice Guéant : Un point pour vous. Une question hors enquête : vous pensez vraiment que vous pouvez gagner malgré vos dissensions internes ?

    DSK : Tant qu'il y aura des femmes...

    Martine Aubry : Tant qu'on n'aura pas de programme, non.

    François Hollande : Vous voyez qu'on est tous d'accord. Le changement, c'est maintenant !

    Brice Guéant se gratte la tête. Pour le moment, il n'a pas l'ombre d'une piste. Qui interroger alors que le temps presse déjà ?  L'UMP demande à être reçue en vertu de l'égalité des temps de parole dans le débat républicain. « Ils se croient à la télé ? » proteste Claude Hortefeux qui se fait d'avance un plaisir de rabattre le caquet des impétrants.

    Un garde républicain approche, serrant dans ses mains gantées une lettre qu'il tend aux enquêteurs.

    Le président est en vie et en bonne santé... jusqu'à 20h précises. D'ici là, soit il sera retrouvé, soit il mourra. Des énigmes parviendront aux enquêteurs selon mon bon plaisir.

    Signé : un homme debout.

    Mabrouck Rachedi

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