Une fois de plus, Nicolas Sarkozy nous promet une surprise. Pour savoir laquelle, il faudra attendre lundi, quand il révélera son programme.
Ça ne vous fait pas penser au cadeau Bonux caché dans le paquet de lessive ? Ou au cadeau Kinder caché dans l'oeuf en chocolat ? Sinon, il y avait aussi les vignettes Panini qui se cachent dans leur pochette. Bref, le principe de la pochette-surprise, c'est le marketing de base quand on s'adresse aux enfants.
Tous les parents mettent d'ailleurs en garde leur progéniture contre ces attrape-nigauds. Ben oui, à la boulangerie, les pochettes surprises font de l'oeil aux enfants qui s'ennuient dans la file d'attente. Généralement, on paye ça cinq euros et à l'intérieur, surprise ! Il y a une merdouille fabriquée en Chine à la chaîne, 0,42 centimes l'unité. Aux yeux des adultes, c'est une arnaque spectaculaire. Dans l'esprit des enfants, c'est moins clair. Bien sûr, ils sont déçus par le cadeau, mais une surprise toute pourrie, c'est mieux que pas de surprise du tout.
La victoire sans surprise de François Hollande
Si tout le monde est déçu par cette campagne présidentielle, c'est parce qu'on sait depuis le début qui va gagner. Quelque soit l'enjeu, pour qu'une compétition reste intéressante, il faut un minimum de suspens.
Une fois de plus, on en revient au Tour de France. François Hollande est échappé seul en tête avec huit points d'avance dans les sondages sur Sarkozy au second tour. Pour ce qui est de la cote de popularité, celle de Sarko plafonne toujours sous les 40% d'opinions favorables, comme en mars 2008.
Imaginez l'embarras des commentateurs qui vont devoir tenir l'antenne en direct pendant encore 6 semaines. Si on ne veut pas que le client zappe, mieux vaut entretenir le scénario de l'improbable retour. Ne zappez pas ! Le slogan de Morandini est devenu notre slogan à tous !
Faut dire que c'est déjà chiant de connaître le gagnant depuis le départ, mais avec Hollande, c'est encore pire. Pour incarner l'alternative, il fait tout le contraire de Sarkozy. Et comme avec Sarko, on ne s'ennuie jamais. Hollande a décidé d'être chiant.
Cette fois, ça ferait plutôt penser à la Ligue des Champions. Avant d'affronter Nicosie en 1/4 de finale de Champion's League, les joueurs de Lyon (archi-favoris) se sont bien gardés de crier victoire. Ils ont bien fait puisque Nicosie les a battus.
C'est quoi la surprise ?
Rien que de poser la question, c'est qu'on a mordu à l'hameçon. C'est bientôt Pâques et Nicolas Sarkozy a caché une surprise dans le jardin. Attention, vous êtes prêts ? Allez hop, c'est parti ! Chacun se focalise sur la surprise en espérant être le premier à s'écrier : "J'ai trouvé !"
Du point de vue des politiques, les électeurs sont des marmots qu'il faut pouvoir se mettre dans la poche. La démocratie, c'est une colonie de vacances où le directeur est élu par les enfants. Pauvres gosses ! Il suffit de leur agiter deux, trois pochettes bariolées sous le nez. On leur promet qu'elles contiennent plus que ce qu'il peuvent imaginer, et le tour est joué !
Le marketing, c'est de définir les règles des arnaques qui fonctionnent à tous les coups. Prenons l'exemple du mot "gratuit". De tous les mots du dictionnaire, c'est celui qui attire le plus l'oeil du consommateur. Du coup, on l'emploie à toutes les sauces, on l'affiche à tout-va, il est imprimé partout. Avec le temps, nous avons tous appris que derrière le mot "gratuit" se cachaient souvent des propositions intéressées. Et pourtant, ça marche encore. Quand le mot "gratuit" flashe dans une pub, avant même de réfléchir, on aimerait bien savoir ce qui est gratuit...
Citoyen / Consommateur
Le citoyen a des droits et des devoirs. Ses droits sont en quelque sorte le bénéfice de ses devoirs. Pour le consommateur, c'est différent. Car selon le vieil adage, il a toujours raison. Dès lors qu'il a payé, il a tous les droits. Le citoyen est responsable, il est adulte. Le consommateur est un enfant gâté.
Et l'électeur, il est de quel côté ? Est-ce que c'est un consommateur qui doit choisir entre plusieurs produits ? Ou bien un citoyen qui, selon le slogan de Kennedy, doit se demander ce qui serait bien pour son pays avant de se demander ce qui serait bien pour lui ? En tant que consommateur, j'achèterais bien du Sarkozy. En tant que citoyen, je me demande si c'est vraiment responsable.
