En annonçant sa candidature le 1er mars 2012, Nicolas Sarkozy ferait un clin d'œil à l'Histoire. Pourquoi ? Parce que le 1er mars, c'est la date à laquelle Napoléon a débarqué à Golfe-Juan en 1815.Pour ceux qui sont largués, rappelons qu'en 1814, Napoléon s'était mis toute l'Europe à dos. Au lieu de le buter et de balancer son corps dans l'Océan Indien, les Anglais le condamnent à l'exil. Napoléon ne règne plus que sur l'île d'Elbe (22 km2 au large de la Corse). En 1815, Napo s'ennuie tellement qu'il repart à l'assaut du pouvoir.
Lorsqu'il débarque à Golfe-Juan le 1er mars, Napoléon est accompagné de 1200 hommes. C'est peu pour reconquérir la France.
La presse parisienne prend parti contre lui et le traite d'imposteur. Vingt jours plus tard, Napoléon est à Paris, le drapeau tricolore flotte au sommet de la colonne Vendôme, et bien sûr, la presse parisienne célèbre le retour de l'Empereur. Quel exemple stimulant pour Nicolas Sarkozy ! Comme quoi, retourner la situation en vingt jours, c'est possible.
Ne pas refaire les mêmes erreurs
Quand on suit l'exemple de Napoléon, attention de ne pas le suivre jusqu'au bout. Certes, le 20 mars 1815, Napoléon reprend Paris, mais le 18 juin, c'est Waterloo.
Coïncidence des dates, en 2012, la bataille s'achèvera aussi un 18 juin. Regardez le calendrier, ça tombe un lundi. Nous serons au lendemain du second tour des législatives et les Français auront élu une nouvelle Assemblée. Le Président échappera-t-il au destin de l'Empereur déchu ?
Au minimum, il s'agirait de ne pas refaire les mêmes erreurs. Par exemple, mieux vaut se méfier des fidèles de la vieille garde. À Waterloo, Napoléon comptait sur le renfort des troupes de Grouchy pour emporter la bataille. Un type extra ce Grouchy, fidèle parmi les fidèles. Il avait même commandé l'Escadron sacré, les troupes d'élite chargées de la protection de l'Empereur pendant la retraite de Russie. Mais à Waterloo, il n'était pas sur le coup. Quand le canon a sonné le rappel des troupes, il n'avait pas fini de déjeuner. Pour ne pas rater les fraises au dessert, il est arrivé en retard sur le champ de bataille. Waterloo, morne plaine…
Le combat de trop
Comme quoi, il faut se méfier des vieux de la vieille. Sarkozy peut-il encore compter sur ceux qui ont mené tant de batailles à ses côtés ? Quand on passe les troupes en revue, il y a de quoi être inquiet.
Le cador de la bande, c'était Juppé. Mais Hollande l'a plié dès le premier round. Après, il reste qui ? Woerth avait du talent, mais va falloir trouver un autre trésorier pour la campagne 2012. Hortefeux est stressé. Dès que son portable sonne, il a peur d'être mis en examen. Pas de nouvelles de Xavier Bertrand, à tel point qu'on se demande s'il n'est pas reparti bosser dans les assurances. Quant à Guéant, il a choisi sa maison de retraite, ce sera l'Assemblée Nationale. Sinon, il y a Rachida Dati. L'avantage, c'est qu'elle a un sixième sens. Dès qu'elle enverra des SMS d'amour à Montebourg, c'est qu'Hollande aura gagné. Mais on n'en est pas encore là.
140 de QI
Pour livrer sa dernière bataille, Sarkozy ne compte pas seulement sur les brillants stratèges de la "cellule riposte" de l'UMP. En lisant la presse hier soir, on apprenait le retour d'Emmanuelle Mignon dans l'entourage de Sarkozy. Pour résumer, c'est elle qui, pendant trois ans, a préparé la campagne victorieuse de Sarkozy en 2007. Alain Minc s'est réjoui de cette arrivée en soulignant que ça ne ferait pas de mal d'avoir quelqu'un qui a 140 de QI dans l'entourage du président. Pendant que les vieux grognards de la "cellule riposte" canardent l'adversaire pour occuper le terrain, un autre plan se préparerait-il en coulisses ?
« D'un côté c'est l'Europe, et de l'autre la France ! »
C'est comme ça que Victor Hugo résume l'état des forces en présence dans son poème sur Waterloo. En 1815, la France se bat contre une coalition de soldats venus de toute l'Europe. Il y a des Britanniques, des Allemands, des Belges. Il y a même des Hollandais… Ah si seulement Napoléon avait su passer des alliances au lieu de mettre tout le monde à dos ! De ce point de vue, Nicolas Sarkozy semble avoir retenu la leçon. Son alliance avec Merkel n'est plus un mystère. Mais jusqu'où peut le mener cette stratégie ?
Vœux à la presse
Lors de ses vœux à la presse cette semaine, Nicolas Sarkozy a laissé filtrer ses intentions. Il a affirmé que « la campagne 2012 sera la première campagne où l'on verra le monde extérieur s'inviter dans le débat national français comme jamais il ne l'a fait jusqu'à présent. » Pour éviter la défaite, Nicolas Sarkozy a donc l'air de compter un soutien qui viendrait de l'étranger. De ce point de vue, sa stratégie n'est donc pas la même que celle de Napoléon à Waterloo. S'allier avec les Prussiens pour conserver le trône de France, c'était plutôt l'idée de Louis XVI lorsqu'il a fui la France pour trouver du soutien en Allemagne. Mais il n'a pas été plus loin que Varennes…

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