«La paix est plus difficile à faire que la guerre.» Cette déclaration de Gerry Adams, leader historique des républicains irlandais, pourrait s’appliquer au climat tendu dans lequel se sont déroulées les commémorations du quarantième anniversaire du «Bloody Sunday» en Irlande du Nord, cette semaine. Des troubles qui ont fait plus de 3 500 morts, depuis le début du conflit à la fin des années 60, mais dont les racines, très anciennes, datent de la colonisation anglo-écossaise de l’Irlande. La place de la minorité catholique dans la société nord-irlandaise, et surtout l’avenir politique de ce territoire opposent les républicains nationalistes catholiques et les loyalistes unionistes protestants. Armée républicaine irlandaise (IRA), groupes paramilitaires loyalistes, police et armée britanniques se sont affrontés lors d’émeutes, attentats, répressions et règlements de comptes.
La signature des accords du Vendredi saint de 1998 devait sceller la réconciliation, grâce notamment aux institutions autonomes biconfessionnelles. Pourtant, près de quinze ans après, les tensions persistent. Certes, il n’y a plus d’attentats ni d’affrontements réguliers, malgré quelques dérapages d’éléments incontrôlés. L’IRA et les groupes paramilitaires ont même déposé les armes. Mais les deux communautés ne vivent toujours pas ensemble. Différentes formes de ségrégations sociales et spatiales divisent les villes nord-irlandaises, organisées en quartiers communautaires. Ainsi, 92,5% des logements sociaux sont ségrégués dans la province. Ce taux monte à 98% dans Belfast. Les écoles mixtes, socles d’une société apaisée, n’attirent que peu d’élèves : 95% des enfants fréquentent des établissements monoconfessionnels.
Ce phénomène se poursuit au travail, puisque beaucoup d’entreprises ne fonctionnent qu’au sein d’une seule communauté. Dans la ville, cette ségrégation est matérialisée par des murs, des grillages et des no man’s lands qui isolent les quartiers. Ces peacelines constituent des (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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