Le sociologue Michel Fize prône la suppression d’un examen qu’il juge injuste, coûteux et inutile.
Alors que 703 059 candidats s’apprêtent à le passer, avec la philo ce matin pour les séries générales (48% des candidats) et technologiques (21%), et le français pour les professionnelles (31%), le baccalauréat reste au cœur des débats. Faut-il le garder comme le défendent les tenants de l’école de toujours ? Le réformer comme le prônent les «modernistes» ? Ou le supprimer, purement et simplement ? Le sociologue et chercheur au CNRS Michel Fize plaide avec passion pour sa disparition dans son livre Le bac inutile (éditions l’Œuvre, 108 pp., 19 euros).
Pourquoi supprimer le bac ?
D’abord, cet examen a un profit médiocre. Sa vocation est d’ouvrir les portes du supérieur, ce qu’il fait très imparfaitement. On ne peut pas intégrer médecine, ni les grandes écoles avec n’importe quel bac. Il en existe une multitude : quoi de comparable entre le bac S d’un lycéen sorti d’un prestigieux établissement parisien, et un «petit» bac pro d’un élève issu d’un lycée de cité sensible ? Seuls 15% des enfants d’ouvriers ont un bac général aujourd’hui. Preuve qu’il y a toujours un déterminisme social.
De plus, le baccalauréat coûte cher. On cite pour cette année le chiffre de 58 millions d’euros. Mais cela pourrait atteindre le double, voire le triple. Tout dépend de ce que l’on comptabilise - les 175 000 examinateurs, les milliers de surveillants, les 4 880 sujets, etc. En période de difficultés financières de l’Etat, on pourrait s’en passer.
Mais le bac sanctionne aussi la fin de la scolarité…
Il sanctionne surtout des capacités de mémoire. Je le compare dans mon livre au binge drinking - on avale en un minimum de temps un maximum de matières, on les recrache et on oublie tout. En son temps, un éducateur illustre, Mgr Dupanloup a dénoncé ce bachotage. Bien sûr, il faut continuer à dispenser des savoirs. Mais n’y aurait-il pas des évaluations plus pertinentes, prenant en compte toutes les (...)
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