Ce jour-là, dans une suite du Park Hayatt Paris Vendôme, l’actrice césarisée enchaîne les interviews. Bien que rompue à l’exercice depuis le succès de The Artist, elle avoue être fatiguée. Ce qui ne l’empêche pas d’être causante, drôle, enjouée. Et de répondre à toutes les questions avec naturel et simplicité.
Gala : 2012 pour vous, c’est neuf récompenses (dont un César), deux films à venir et le rôle de maîtresse de cérémonie au festival de Cannes. Le matin, devant la glace, vous arrive-t-il de vous pincer pour vous convaincre que tout cela est bien réel?
Bérénice Bejo: (rires) Non, parce que je suis encore dans une sorte de tourbillon. Je pense que d’ici quelques années, je réaliserai et je me dirai : «C’est fou quand même tout ce que j’ai vécu!» Je vis les choses au jour le jour, sans m’interroger.
Gala : Le tourbillon se prolonge avec le festival de Cannes…
B. B. : Oui, et il va s’arrêter à Cannes, j’espère, que je puisse enfin prendre des vacances!
Gala : La boucle sera-t-elle véritablement bouclée à ce moment-là?
B. B. : En fait, excepté l’ouverture et la clôture du festival, je serais relativement tranquille. Je vais pouvoir me coucher tôt, boire de l’eau, faire des grasses matinées et aller voir des films.
Gala : Nanni Moretti est président du jury. Le connaissez-vous?
B. B. : Non, mais je connais son travail. On m’a dit qu’il était un peu bougon et qu’il aimait la bagarre. Je ne suis pas membre du jury et n’aurai donc pas beaucoup à faire avec lui.
Gala : Il a récemment avoué ne pas être un fan de The Artist, «un film facile», selon ses dires…
B. B. : Cela prouve qu’il l’a vu, c’est déjà une bonne chose. Vous savez, c’est ça le cinéma, aimer ou pas un film, c’est assumer de prendre parti et de dévoiler sa personnalité. Que Monsieur Moretti n’ait pas aimé The Artist n’a rien de grave.
Gala : Le succès du film, la tournée américaine, les prix à Cannes, Hollywood, Londes, etc. ont-ils changé quelque chose en vous?
B. B. : Mon rythme de vie a été (...)
Bérénice Bejo: «Je suis encore dans un tourbillon»



