Le patron du Modem perd son siège après vingt-cinq ans à l’Assemblée. Ses militants sont déconfits, mais lui assure qu’il reviendra.
Alire sur les visages, dès 19 heures, on comprend que la partie est finie pour François Bayrou. «C’est cuit», lâche un militant qui a tenu un bureau de vote à Pau et n’ose même pas déplier la feuille de résultats devant ses amis. Les autres arrivent, et ce sont les mêmes mines déconfites. Une seule a le sourire, Michou, qui milite pour Bayrou depuis 1978, époque où «il ne savait pas parler, mais avait déjà des idées». Son village de Baudreix, 500 habitants, a sauvé l’honneur. Mais c’est quand même une rude journée : «Depuis presque quarante ans, on ne cessait de monter, et lui aussi, constate Michou. C’est notre premier échec».
«Recul». A l’heure des résultats, c’est même une grosse défaite : 30,17% pour Bayrou, 42,78% pour la socialiste Nathalie Chabanne. Eric Saubatte, le dernier mousquetaire de la triangulaire, est à 25,7%. Seule consolation pour ces militants tannés par les derniers jours de campagne : «Il n’est pas dernier.»
«Bayrou, c’est d’Artagnan, ce soir», s’écrie une amie, dégoûtée de voir son candidat battu par une inconnue, et convaincue que «n’importe quel âne avec une étiquette socialiste pouvait remporter cette élection». Le candidat malheureux arrive parmi eux à 20 h 25, avec un sourire bravache : «Ce choix des électeurs va bien sûr m’entraîner à prendre le recul qui s’impose quand on n’a pas réussi, au moins momentanément, à convaincre les siens.» Pour qui partage ses valeurs de «vérité et d’unité», il existerait des «adversaires à cent visages» : «Sectarisme, cynisme, illusions, fausses promesses, mensonges, division et haine entre concitoyens. Contre ces adversaires, j’ai perdu, et nous avons perdu une bataille», dit François Bayrou d’un ton grave. Il ajoute : «L’heure de vérité vient. La réalité va s’imposer désormais comme un juge de paix. Il se passera peu de temps avant que le peuple français comprenne vers (...)
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