C’est une photographie choquante qui fait le tour d’Internet en Chine depuis trois jours, celle d’une jeune femme en pyjama bleu sur un lit d’hôpital, le bras enveloppant son enfant avorté de 7 mois gisant mort sur un morceau de plastique. La taille du bébé laisse penser qu’il aurait pu vivre sans cette mort prématurée infligée par les employés du planning familial de la province du Shaanxi. La maman, Feng Jianmei, n’avait pas les 4 200 euros d’amende que l’administration lui réclamait pour ce second enfant «en trop» qu’elle voulait malgré tout. Alors, en commando, cinq hommes chargés d’appliquer la politique de l’enfant unique ont kidnappé Feng Jianmei et, selon le récit de son mari, dans un appartement prévu à cet effet, après lui avoir bandé les yeux et attaché les membres, ont injecté un poison dans la fontanelle du fœtus. Ils l’ont ensuite obligé à signer un document administratif certifiant qu’elle avortait de son plein gré.
C’était le 30 mai et, trois jours plus tard, l’enfant est mort-né à l’hôpital. Ce genre de procédure est très fréquent, surtout loin des grandes villes. Ce ne sont pas les témoignages qui manquent sur le Web chinois, où le mois dernier circulait la photo, prise dans un hôpital, d’un nouveau-né noyé par une infirmière dans un seau d’eau. Mais cette fois-ci, sans doute en raison de l’émotion suscitée par la photo de cette mère câlinant la dépouille de son bébé, l’affaire a révolté. «C’est un meurtre ! Les hommes peuvent faire ça !» s’exclame un internaute parmi des milliers d’autres. «Voilà notre société, perverse et sans humanité…» «Seuls les riches peuvent faire des gosses.» «Chez moi, commente une personne sur le site de microblogging Weibo, les femmes enceintes d’un enfant illégal se laissent avorter même quand leur ventre est très gros, car elles savent que ça ira très mal pour elles si elles insistent.»
Dévoilée sur Internet, l’affaire a fait hier la une de la presse. Submergées par les protestations populaires, les autorités ont réagi (...)
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