Selon Bernard Jullien, spécialiste du secteur automobile, Aulnay paye son mauvais climat social, et PSA un oubli de ses «fondamentaux».
Bernard Jullien, économiste, est directeur général du réseau international Gerpisa (Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’Automobile). Il analyse la situation de PSA.
PSA est-il vraiment plus mal loti que ses concurrents ?
En réalité, la situation commerciale de PSA n'est pas si dramatique. Mais ce groupe est handicapé par deux caractéristiques : sa spécialisation sur les gammes basses et moyennes, qui ont le plus souffert de l'arrêt de dispositifs comme la prime à la casse; et sa présence importante sur les marchés italien et espagnol, en forte chute. Maintenant que le marché français pique lui aussi du nez, PSA est au point mort. Car, contrairement à tous les autres groupes, il n'est s'est pas internationalisé, et ne peut récupérer ailleurs dans le monde les ventes qu'il ne fait plus en Europe.
Pourquoi les précédents plans d'économie n'ont-ils pas suffi ?
Ces plans étaient liés au besoin crucial de cash pour investir dans des projets. Mais PSA a suivi beaucoup trop de lièvres à la fois pour sa taille. Quand on veut investir à marche forcée en Chine, en Inde, en Russie, quand on mène une politique de montée en gamme très coûteuse, il faut être patient et avoir beaucoup d'argent. Ce ne sont pas les bouts de ficelle des plans d'économie précédents qui allaient suffire, surtout dans une conjoncture aussi dégradée.
Pourquoi le site d'Aulnay est-il traité en poids mort ?
Je ne dirai pas que tout a été fait pour, mais quand un site ne produit plus qu'un seul modèle, ici la C3, c'est une trajectoire fatale. Pour maintenir un site, il faut deux ou trois modèles au moins. Forcément, ce déclin a entretenu un climat social pourri. Historiquement, PSA, habitué à la quiétude sociale de sa Franche-Comté d'origine, a toujours eu du mal avec ses sites (...)
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