Si l’on veut bien revenir un instant sur cette affaire du Smic, «Salaire minimum, symbole maximum», comme titrait mardi Libération, force est d’admettre qu’elle fut dès le début mal engagée.
Datons ce début, qui correspond à celui de la campagne présidentielle de François Hollande, frais investi à l’automne 2011, au sortir de la primaire socialiste. Battant estrades électorales et tambours programmatiques de son rigoureux pragmatisme, le candidat prônait, face à la crise, la «relance» par la consommation. Certes, c’était mieux que de promouvoir, comme la droite, la surtaxation des pauvres et la suppression de toutes les allocations ; pourtant, dès cet instant, nous aurions dû nous méfier et nous souvenir que la première fonction d’un salaire minimum, c’est la survie physique et morale de ceux et celles qui le touchent. Car de la survie ou de la relance, quand un vœu pieusement consensuel clame partout que «l’une ne va pas sans l’autre», l’ordre effectif des priorités définit, bien plus qu’un programme, une philosophie ; la solidarité contre l’assistance, bien sûr, mais aussi tout ce qui en théorie oppose la gauche et la droite.
Les urnes ayant parlé et clairement rejeté la proposition du Front de gauche d’un Smic à 1 700 euros net (au terme de la législature), on ne refera pas ici le match ni aucune polémique avec les arrogants experts de la science économique, qu’ils soient recrutés par le PS ou par le Medef. Considérant depuis 2008 leurs performances, leurs prévisions, leurs diktats et leurs oukases, ainsi que les catastrophes qui se sont ensuivies, on invitera cependant lesdits experts, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche, à le prendre d’un peu moins haut…
Le montant du «coup de pouce» ayant donc été rendu public, on n’épiloguera pas non plus sur ce que représente, en termes de pouvoir d’achat, hors inflation, ce dérisoire 0,6%. Tout au plus l’appréciera-t-on, au mieux, comme l’expression d’une fuite en avant au pas gymnastique, empirique «ni survie - (...)
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