OSLO (AP) — Un tribunal d'Oslo a décidé lundi de prolonger jusqu'au 6 février la détention d'Anders Behring Breivik, accusé d'être l'auteur du massacre et de l'attentat qui ont fait 77 morts le 22 juillet dernier en Norvège, en attendant la tenue de son procès pour terrorisme.
Breivik comparaissait au tribunal lors de sa première audience en public. Breivik, qui plaide non coupable de terrorisme au motif qu'il défendrait l'Europe contre une "invasion" musulmane et le multiculturalisme, était vêtu d'un costume sombre.
Si le tribunal a prolongé sa détention de 12 semaines, il a en revanche décidé de lever progressivement les restrictions imposées à l'accusé en matière d'accès au médias, de droit de visite et de courrier.
Breivik doit rester en détention dans l'attente de son procès. Il risque une peine de 21 ans de réclusion s'il est reconnu coupable. Des dispositions relatives à sa détention -si l'homme est toujours considéré comme une menace pour le public- pourraient le maintenir derrière les barreaux indéfiniment.
Au moins une autre audience sur sa détention est prévue avant la mise en accusation officielle de Breivik.
Selon Geir Engebretsen, porte-parole du tribunal d'Oslo, le procès doit s'ouvrir le 16 avril prochain et durer environ 10 semaines. Une nouvelle salle d'une capacité de 200 places sera construite pour l'occasion, a-t-il présent.
Dans le public nombreux présent lundi au tribunal, figuraient notamment des rescapés de l'île d'Utoya qui voyaient le tireur pour la première fois depuis le massacre.
Breivik a commencé à se décrire comme le "commandant" d'un mouvement de résistance norvégien mais le juge l'a coupé en lui demandant de s'en tenir aux questions examinées. Les procureurs ont demandé à la cour de prolonger la détention du suspect de 12 semaines avec un accès restreint aux médias, aux visites et au courrier. A la fin de l'audience, le magistrat a levé l'interdiction faite aux journalistes de rapporter les faits du jour.
Les enquêteurs affirment que Breivik a fait exploser une bombe fabriquée avec de l'engrais devant le siège du gouvernement à Oslo le 22 juillet, faisant huit morts, avant de se rendre sur l'île d'Utoya où se tenait un camp de jeunesse du Parti travailliste au pouvoir et, déguisé en policier, d'y tuer par balles 69 personnes, dont de nombreux jeunes. Il s'est rendu à la police lorsque celle-ci a fini par arriver sur place.
Dans un manifeste qu'il avait publié sur Internet avant de se livrer au massacre, Breivik exposait son projet de révolution en plusieurs étapes et s'en prenait aux élites politiques de gauche qu'il accusait de détruire leur propre société en laissant entrer de nombreux immigrés, en particulier des musulmans. AP
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