OSLO, Norvège (AP) — L'évaluation psychiatrique conclut qu'Anders Breivik n'était pas sain d'esprit lorsqu'il a commis l'attentat et le massacre qui ont fait 77 morts le 22 juillet en Norvège, ont annoncé mardi les représentants du parquet. Il pourrait donc être déclaré pénalement irresponsable.
Si cet avis était suivi par le tribunal, celui qui dit avoir agi pour défendre l'Europe contre le multiculturalisme et l'immigration musulmane pourrait alors être confié aux services psychiatriques, a précisé le procureur Svein Holden à la presse à Oslo.
Le rapport de 243 pages, redigé par deux psychiatres qui ont passé au total 36 heures avec Breivik, sera examiné avant d'être transmis à la justice par une commission de l'office norvégien de médecine légale, qui peut demander des informations complémentaires et ajouter ses propres conclusions.
Le responsable de la commission, le Dr Tarjei Rygnestad, avait jugé dans un entretien en juillet à l'Associated Press improbable que Breivik soit déclaré irresponsable devant la justice, étant donné que les attentats avaient été minutieusement préparés et exécutés.
Mais la "conclusion des experts (psychiatres) est qu'Anders Behring était dément" au moment des faits, a déclaré le procureur Holden. Les experts, a-t-il précisé, décrivent dans leur rapport un homme "évoluant dans son propre univers délirant, où tous ses actes et pensées sont gouvernés par ces délires".
"Ils concluent qu'Anders Behring Breivik présente depuis longtemps le trouble mental de schizophrénie paranoïde, qui l'a changé et en a fait l'homme qu'il est aujourd'hui", a ajouté M. Holden. Invité à commenter ce rapport, le Dr Rygnestad a expliqué à l'Associated Press qu'il ne l'avait pas encore lu complètement.
Les personnes en état de démence, a-t-il noté, ne sont "habituellement pas" capables de mener à bien des tâches complexes requiérant de la préparation, même si, ajoute-t-il, "des choses inhabituelles peuvent aussi se produire".
Breivik a reconnu avoir perpétré l'attentat à la voiture piégée devant le siège du gouvernement à Oslo puis avoir perpétré le massacre sur l'île d'Utoya où se tenait un camp d'été des jeunesses travaillistes. Mais il rejette toute culpabilité de crimes terroristes, affirmant être le commandant d'un mouvement de résistance norvégien luttant contre le multiculturalisme.
Les enquêteurs n'ont pas trouvé la trace d'un tel mouvement et pensent que Breivik a agi seul. AP
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