NATIONS UNIES - La France a dénoncé vendredi l'attitude de la junte militaire birmane, qui refuse de laisser un navire français, le "Mistral", décharger directement à terre 1.500 tonnes de denrées alimentaires et de matériel médical à l'aide de navettes et d'hélicoptères, pour soulager les nombreuses victimes du cyclone dans le delta de l'Irrawaddy.
L'ambassadeur français aux Nations unies Jean-Maurice Ripert a déclaré que le porte-hélicoptères se posterait samedi dans les eaux internationales en un point visible depuis le delta de l'Irrawaddy, avant de mettre le gouvernement birman en garde contre une attitude qui "pourrait conduire à un véritable crime contre l'humanité".
A Paris, des responsables des ministères de la Défense et des Affaires étrangères ont indiqué que le "Mistral" doit arriver sur place "à un moment samedi". Un porte-parole du ministère de la Défense a expliqué que des "négociations étaient encore en cours" sur le lieu où le bateau jetterait l'ancre, refusant de dire si cela serait à Rangoon ou dans le delta.
Jean-Maurice Ripert a raconté que lorsqu'il s'est levé pour prendre la parole à l'ONU, il avait été immédiatement interrompu par son homologue birman, qui a accusé la France d'envoyer "un navire de guerre" en Birmanie.
"J'ai dû intervenir pour expliquer que ce n'était pas vrai", a raconté le diplomate français. "Ce n'est pas un navire de guerre, c'est un navire sur lequel nous avons 1.500 tonnes de nourritures et de médicaments. Nous avons des bateaux plus petits permettant d'entrer dans le delta et d'atteindre la plupart des régions où personne ne peut accéder. Nous avons des petits hélicoptères pour larguer de la nourriture, et nous avons des médecins".
"A l'heure actuelle, le gouvernement birman refuse encore à la France l'autorisation d'utiliser ce navire et nous demande de transporter le matériel par avion via Rangoon, ce qui bien sûr n'a aucun sens", a-t-il ajouté.
Deux semaines après le passage dévastateur du cyclone Nargis, un nouveau bilan officiel fait état de 77.728 morts et 55.917 disparus, soit un total de près de 134.000 décès potentiels. La junte au pouvoir refuse toujours de laisser pénétrer des équipes de secours étrangères, mais accepte l'aide matérielle.
Toutefois, et pour la première fois depuis la catastrophe, des diplomates étrangers devraient être autorisés à aller constater sur place l'ampleur des dégâts samedi, selon Shari Villarosa, chargé d'affaires à l'ambassade américaine à Rangoon. Leur liberté d'accès n'a toutefois pas été précisée. AP

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