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Congrès de Reims: l'alliance Aubry-Moscovici laborieuse à sceller

Par Christine POUGET et Thierry MASURE AFP - Mardi 2 septembre, 19h58

PARIS (AFP) - L'alliance entre Martine Aubry et les strauss-kahniens pour le congrès de Reims en novembre se heurte à de sérieux obstacles, comme en témoigne le report d'une rencontre mardi entre la maire de Lille et le député du Doubs Pierre Moscovici.

"Il faut laisser retomber les émotions, réfléchir aux conséquences de ce qui s'est passé à La Rochelle", a expliqué M. Moscovici alors que les vives divergences entre responsables strauss-kahniens mettent en péril la constitution d'un large pôle face à Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

La réunion pourrait toutefois se tenir "dans les prochains jours, mercredi ou jeudi", selon deux parlementaires proches de Martine Aubry.

Les deux anciens ministres du gouvernement Jospin, qui avaient affiché dès le 28 juillet leur volonté de "réussir le changement au Parti socialiste", divergent principalement sur deux points.

M. Moscovici, auquel d'aucuns reprochent une démarche trop individuelle, martèle sa détermination à être le leader d'une motion commune puis à diriger le parti tandis que Mme Aubry, qui ne s'est toujours pas déclarée au poste de Premier secrétaire, donne la priorité "aux idées" pour choisir "après, seulement" le chef de file. Leur "déclaration commune" du 28 juillet ne tranchait pas.

Autre pomme de discorde, le périmètre du rassemblement: pour Pierre Moscovici, les discussions avec les fabiusiens doivent avoir lieu "plus tard". Selon lui, Laurent Fabius "ne peut être au coeur du renouveau nécessaire", même s'il ne doit faire l'objet d'aucun "ostracisme".

A l'inverse, Mme Aubry souhaite aboutir et élargir sans attendre le rassemblement engagé. "Nous, on ne fait pas d'exclusion, on construit", soutient l'ex-numéro deux du gouvernement Jospin. "Martine pense qu'il faut dépasser les querelles du passé" entre socialistes, rapporte le député François Lamy.

M. Moscovici a trouvé d'autres alliés en la personne des barons régionaux Gérard Collomb, maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, patron des socialistes des Bouches-du-Rhône. "Lieutenant" de Mme Aubry, M. Lamy s'étonne de ne pas avoir "été prévenu de cet accord" qui appuie la candidature du député du Doubs.

Réunis vendredi soir à La Rochelle, les militants de "Besoin de gauche" (contribution de Moscovici, Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis) avaient accepté de fusionner avec les contributions Aubry, Collomb-Guérini et du "pôle écologiste" pour présenter une motion commune à Reims.

"Les images de cette journée furent exactement à l'opposé de nos décisions", déplore M. Moscovici, alors que "nous étions en situation d'être le pivot d'un pôle de rassemblement à vocation majoritaire", écrit mardi le député du Doubs à ses amis.

L'ancien ministre fait référence à la venue devant les militants fabiusiens de MM. Cambadélis, Benoît Hamon (gauche du PS) et Martine Aubry, suivie d'un déjeuner entre certains de ces protagonistes, pendant que M. Moscovici, seul, était assis en terrasse du restaurant.

M. Cambadélis appelle ses amis à la "sérénité", demandant de ne pas ajouter à "l'image déplorable" de l'université d'été de La Rochelle, le "spectacle désolant de notre implosion". "Je suis persuadé que nous touchons au but et c'est pour cela que l'appareil du parti se déchaîne" contre l'alternative en gestation.

M. Montebourg implore ses deux amis. "Je dis à Martine et à Pierre +Voyez vous maintenant, en tête-à-tête, et sortez avec un accord de rassemblement et de rénovation du parti. Vous serez remerciés par des dizaines de milliers de militants et des millions de Français d'avoir évité l'aggravation des divisions au sein du premier parti d'opposition de gauche+".

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