PARIS (AFP) - Premier acte du Congrès de Reims, les principaux ténors socialistes ont exposé leur credo mercredi, en présentant leurs "contributions", lors d'une de ces grands-messes dont le PS a le secret.
Au total, 21 contributions générales, exposant analyses et propositions sur la politique du parti, ont été déposées par des chefs de courants ou barons locaux.
Le premier secrétaire François Hollande a fait connaître son propre texte au dernier moment et a été le premier à s'exprimer. Il a justifié ainsi le grand nombre de textes: "C'est normal qu'il y ait des multiples fleurs qui s'épanouissent mais à un moment, il faut qu'il y en ait un qui rassemble le bouquet".
Le Premier secrétaire a posé trois conditions pour que le PS soit à même de présenter une alternative à la droite à l'issue de son Congrès de Reims: "gagner la bataille des idées", présenter un projet "crédible" et "non une addition de toutes les revendications" et réussir "la cohérence à gauche".
M. Hollande, qui rendra son tablier à cette occasion, a assuré: "Je veillerai à ce que ceux qui pensent la même chose se retrouvent ensemble" dans une même motion en vue du Congrès.
Lors de cette séance-marathon dans un grand hôtel parisien, les premiers signataires de chacun des textes, déjà largement médiatisés, sont montés à la tribune successivement pour en exposer les grandes lignes lors de ce grand oral.
Pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë qui, selon un tirage à sort, prenait la parole en deuxième position: "Ce que nous prônons, c'est une efficacité de gauche, pas un catalogue démagogique qui se délite au contact du réel mais un projet au service d'un vrai changement".
Le maire qui n'a pas déclaré ses ambitions, a affirmé qu'il ne revient pas au Congrès de Reims de désigner le candidat PS à la présidentielle de 2012.
La maire de Lille, Martine Aubry, soutenue par les puissantes fédérations du Nord et du Pas-de-Calais, a estimé "qu'il faut un projet de clarification, il ne sert à rien de se rassembler pour se rassembler".
La plupart des ténors étaient là, à l'exception de Laurent Fabius, et de Ségolène Royal en déplacement au Québec.
L'élue lyonnaise Najat Belkacem, prenant la parole au nom de l'ex-candidate a été accueillie par un brouhaha ironique quand elle a présenté l'excuse de l'ex-candidate.
Cette réunion présentait au total peu d'enjeu, les textes ne donnant pas lieu à un vote des militants. Mais ces contributions pourront servir de base à des rapprochements en vue de futures motions, qui devront être déposées avant le 23 septembre.
"Le Congrès de Reims est lancé", relevait Pierre Moscovici, qui présente un texte au nom des refondateurs, pôle regroupant les strauss-kahniens, les fabiusiens, les amis de Martine Aubry et d'Arnaud Montebourg.
Pour lui, "cette phase des contributions est peu lisible et il n'en sortira aucune clarté définitive".
Les textes présentent "beaucoup de convergences", a relevé Martine Aubry. Désormais, c'est sur le "volontarisme et l'innovation" que va "se jouer la différence entre les uns et les autres", a assuré la maire de Lille.
Mais les différences portent sur la question du leadership qui doit sortir du Congrès: un présidentiable comme le souhaite Ségolène Royal qui se porte candidate pour le job; un leadership fort comme le veut Bertrand Delanoë ou un premier secrétaire de transition en attendant 2010 ou 2011 comme le souhaitent à la fois François Hollande et les refondateurs.

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