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Réforme des institutions: congrès maintenu le 21 juillet, fossé avec le PS

Par Béatrix BACONNIER-MARTIN AFP - Mardi 8 juillet, 20h34

PARIS (AFP) - Les députés ont entamé mardi l'examen, en deuxième lecture, de la réforme des institutions, que Nicolas Sarkozy, après le compromis dégagé à l'UMP, entend bien faire voter par le Congrès le 21 juillet même si le fossé s'est creusé avec la gauche.

A l'unanimité, le bureau national du PS -le soutien d'une partie des parlementaires socialistes ou du moins leur abstention est nécessaire à l'aboutissement de la réforme- a décidé mardi soir de voter contre le texte.

A la tribune du Palais-Bourbon, Arnaud Montebourg et Manuel Valls, pourtant partisans d'une réforme, ont expliqué ce durcissement en jugeant qu'il n'y avait "plus de motifs" d'espérer un compromis.

"Votre gouvernement ne donne plus aucun signe d'ouverture", a lancé M. Valls à François Fillon, accusant l'exécutif d'être "occupé à redécouper les circonscriptions et à tripatouiller les modes de scrutin des régionales".

La réforme "cahin-caha" va "droit dans le mur", a-t-il prédit en accusant le gouvernement de faire des "petits calculs" pour obtenir "l'abstention d'une vingtaine de parlementaires et le débauchage d'un plus petit nombre".

"Cette réforme n'aura été faite que par le pouvoir, pour le pouvoir et pour assurer le maintien au pouvoir du pouvoir (...) c'est la raison pour laquelle nous vous la laissons", a soutenu M. Montebourg.

Venu défendre le texte, le Premier ministre n'a fait aucune concession sur la modification du mode de scrutin sénatorial, renvoyant la possibilité d'un "rééquilibrage" à plus tard.

Il n'a pas non plus évoqué la prise en compte du temps de parole du président de la République dans les médias audiovisuels.

"On nous claque la porte au nez (...) le contrôle des médias publics plus le quasi monopole du temps de parole", c'est la "violation" des principes républicains, a dit M. Montebourg, dénonçant "une ambiance quasi poutinienne".

Les orateurs PS et PCF et Verts ont vivement critiqué le "conservatisme des sénateurs" et leur détricotage du texte, même si de nombreuses modifications de la Haute assemblée devraient être supprimées par l'Assemblée.

Sauf concessions de dernière minute, le gouvernement ne peut donc compter sur l'attitude bienveillante d'un PS déterminé à rester uni et respecter la discipline de groupe jusqu'au Congrès.

Didier Migaud (PS), qui avait fait partie des 17 socialistes signataires de l'appel en faveur de la réforme, juge désormais que "le texte qu'on a là ne donne pas envie de voter".

"Le non sera un non à la fois sur la forme, sur la méthode et sur le fond", a insisté Julien Dray (PS). "Peut-être pourrez-vous trouver au détour des couloirs ces 3/5èmes qui vous manquent pour la faire adopter mais elle ne restera pas la grande oeuvre que vous espériez", a-t-il dit.

Au terme de nombreuses semaines de tractations, l'Elysée est en revanche parvenu à un compromis sur la question de la ratification de l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Entériné mardi par la commission des Lois, il prévoit un référendum pour toute nouvelle adhésion mais, s'il est saisi par les deux chambres -à la majorité des 3/5èmes- le président peut choisir la voie parlementaire.

Une solution qui, à quelques exceptions près, devrait rallier les suffrages UMP, comme celui de Jean-Paul Anciaux, qui assure "changer de vote mais pas d'avis".

D'autres pourtant, comme Hervé de Charette (UMP), dénoncent la "vacuité des modifications" et "la médiocrité de leur rédaction". Lionnel Luca (UMP) regrette qu'à l'UMP, "tout le monde se taise" et note de "fortes pressions" exercées sur les députés de la majorité.

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