Recherche

Birmanie: premier avion d'aide américain, des zones encore inaccessibles

Par Hla Hla HTAY AFP - Lundi 12 mai, 09h18

RANGOUN (AFP) - Des régions de Birmanie sont encore inaccessibles dix jours après le cyclone dévastateur Nargis, a admis lundi le régime militaire, qui veut contrôler la distribution de l'aide internationale, au moment où le premier avion militaire américain est parti pour Rangoun. Evénement

Le rythme d'arrivée des secours étrangers pour les quelque deux millions de sinistrés du cyclone s'est légèrement accéléré depuis dimanche, mais reste bien en deçà des besoins gigantesques des survivants après l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire récente.

Le bilan officiel provisoire s'établit à 28.458 morts et à 33.416 disparus. Des diplomates évoquent plus de 100.000 tués. Face à l'ampleur de la tragédie, le ministre birman de la Planification nationale et du Développement économique, Soe Tha, a assuré à des diplomates que des responsables gouvernementaux s'étaient rendus dans la plupart des régions ravagées par Nargis, a indiqué lundi le quotidien New Light of Myanmarn.

Mais d'autres secteurs sont encore quasiment coupés du monde. "Il y a quelques zones où les responsables concernés ne peuvent se rendre. Les secours ont été parachutés dans des secteurs inondés où les hélicoptères ne pouvaient atterrir", a reconnu le ministre cité par le journal contrôlé par la junte.

Soe Tha a remercié les Nations unies et tous les pays pour les nombreux dons au profit des sinistrés mais a réaffirmé que les Birmans garderaient la haute main sur la distribution de l'assistance internationale. "Les aides de n'importe quel pays sont acceptées" mais "la distribution des secours peut être gérée par des organisations locales", a-t-il souligné.

L'aide entre encore au compte-gouttes parce que le régime birman, réputé paranoïaque et obsédé par la défense de sa souveraineté, reste extrêmement réticent à ce que les opérations de secours soient dirigées par des étrangers. Dès avant la catastrophe, la Birmanie, où l'armée est au pouvoir depuis 1962, était l'un des pays les plus reclus du monde.

Selon Soe Tha, le gouvernement a dépensé plus de 20 milliards de kyats (18 millions de dollars) dans les efforts de secours et, jusqu'ici, 21 camps ont été dressés pour les sans-abri. Mais les volumes d'aide sont loin d'être suffisants, selon l'ONU, et des équipes étrangères continuent de faire face à d'importantes difficultés logistiques et administratives, en particulier pour obtenir des visas pour les travailleurs humanitaires.

"Il y a des petits pas, des pas positifs, et les choses bougent dans notre effort d'assistance", avait déclaré dimanche à l'AFP un responsable des affaires humanitaires des Nations unies, au moment où plusieurs avions internationaux atterrissaient en Birmanie. Un responsable de la Croix-Rouge a assuré que d'ici à lundi soir, neuf de ses appareils seraient sur le sol birman. "Il n'est pas exact (de dire) que rien ne se passe, mais ce n'est pas suffisant", a confirmé Frank Smithuis de Médecins Sans Frontières, dont un premier avion cargo a atterri lundi à Rangoun.

Les Etats-Unis --qui considèrent la Birmanie comme l'une de leurs bêtes noires-- ont fait décoller d'une base militaire en Thaïlande un appareil C-130 rempli de plus de 12 tonnes de matériels, notamment des unités de traitement de l'eau, des moustiquaires et des couvertures, a dit le lieutenant-colonel Douglas Powell des Marines. Ce vol américain est en soi un événement puisque depuis plus de dix ans, la Birmanie est frappée par des sanctions américaines, mais aussi européennes.

Par ailleurs, un bateau de la marine française chargé de 1.500 tonnes de secours doit partir de Madras (sud de l'Inde) en milieu de semaine pour la Birmanie.

En dépit du drame humanitaire, le régime a affirmé que les électeurs birmans avaient participé "massivement" samedi à un référendum pour approuver une nouvelle Constitution. Ce premier scrutin depuis 1990 est censé ouvrir la voie à des "élections multipartites" en 2010. Mais, pour l'opposition emmenée par la lauréate 1991 du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi et qui avait appelé à voter "non", le texte constitutionnel pérennise la suprématie de l'armée.

De nombreux dissidents affirment que les résultats du scrutin seront "truqués".

Recommander cette dépêche


Forums de discussion

Audio/Vidéo: Monde

Vos opinions

Diaporamas liés

Dossiers liés

Sur Yahoo!

Top Articles - Monde


Ajouter à mon Yahoo/RSS

Copyright © 2008 Yahoo! Tous droits réservés.