PARIS (AFP) - Le film "La frontière de l'aube" qui sort mercredi dans les salles, met en scène Laura Smet et Louis Garrel dans une histoire d'amour au romantisme suranné et aux accents fantastiques parfois jugés grotesques au dernier Festival de Cannes, où il a été chahuté.
Réalisé par le cinéaste Philippe Garrel, 60 ans -- qui y dirige à nouveau son fils Louis, après "Les amants réguliers" --, "La frontière de l'aube" était en lice pour la Palme d'or, en mai sur la Croisette.
Le film est adapté de "Spirite", une nouvelle à la tonalité fantastique écrite par l'écrivain Théophile Gautier (1811-1872), dont le héros est un homme hanté par le fantôme d'une femme aimée qui s'est suicidée.
Dans un Paris intemporel aux rues désertes, capté par une belle photographie en noir et blanc, Carole (Laura Smet), une jeune comédienne fraîchement mariée à un acteur parti à Hollywood, jouit de sa récente célébrité.
Nerveuse, narcissique et vaguement insatisfaite, elle rencontre un photographe dénommé François, incarné par Louis Garrel, qui décline ici une image de dandy et un air à la Jean-Pierre Léaud -- son modèle déclaré --, affichés notamment dans "Les chansons d'amour" de Christophe Honoré.
Envoyé par un magazine qui lui a commandé un reportage sur l'actrice, François succombe, pendant la séance de pose, au charme de celle-ci, et ils entament une liaison orageuse.
Mais Carole met brutalement fin à ses jours.
Des mois plus tard, alors que François tente de refaire sa vie avec une autre, l'image de Carole apparaît dans les miroirs, et lui parle.
Des violons stridents en guise de bande son, de languissants gros plans sur les visages, des dialogues éloignés de tout naturel plombent "La frontière de l'aube", déjà figé dans un romantisme très littéraire et un Paris irréel.
Des scènes qui se voulaient dramatiques ont déclenché le rire des critiques internationaux réunis au Festival de Cannes, en mai.
Car "La frontière de l'aube" a fortement divisé lors de ses projections sur la Croisette, suscitant des applaudissements nourris chez quelques admirateurs inconditionnels du cinéaste, mais aussi les plus fortes huées du festival.
Fils du comédien Maurice Garrel et héritier de Godard, Philippe Garrel a tourné son premier film à seize ans et reçu le Prix Jean Vigo en 1982 pour "L'enfant secret", puis un Lion d'argent au Festival de Venise en 1991 pour "J'entends plus la guitare".
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