ALBERTVILLE (AFP) - Chambéry a rendu hommage au plus célèbre des joueurs de handball français, Jackson Richardson, à l'occasion du dernier match de la saison contre le champion sortant, Ivry, une fête partagée avec les 3.500 spectateurs de la halle olympique d'Albertville (Savoie).
"Black Jack" faisait pourtant mine de vivre un match comme les autres, devisant nonchalamment, une heure et demi avant le coup d'envoi, assis sur la pelouse à proximité des vestiaires, avec son coach Philippe Gardent et son coéquipier Daniel Narcisse puis accepte une photo avec des supportrices qui portent le maillot noir floqué d'un somptueux "Mèrsi l'artiste" créole.
Il rejoint ensuite ses coéquipiers avant de fouler une dernière fois un parquet de handball. La "der" de Richardson, à Albertville transformée en capitale de la Réunion pour un soir, prend du retard, mais qu'importe, l'artiste n'a jamais été connu pour sa ponctualité.
Quelques 3.500 inconditionnels, debout, ovationnaient les deux équipes, coiffées d'une perruque "serpillière", seul le numéro "34" manquait à l'appel.
Il se préparait dans les cintres de la patinoire olympique à une descente en rappel, "pas trop difficile après trois Fort Boyard", assure-t-il, et beaucoup moins longue que la séance cadeaux et hommages qui retardait encore le coup d'envoi.
A soixante minutes d'un au revoir mûrement réfléchi, chacun, sportifs et institutionnels, apportait son écot à une icône de la planète "hand".
Le match débutait sans Jackson. Le futur retraité s'étirait et échauffait ses genoux douloureux avant de rejoindre, dix minutes plus tard, ses partenaires et distribuer quelques passes, dans son style délié, mais décisives puis d'inscrire un penalty en pleine lucarne.
Le demi-centre emblématique était dans le match, il n'allait quand même pas terminer sur une défaite ! Un deuxième but sur contre-attaque pour rappeler sa vélocité, une "roucoulette" sur un nouveau jet de sept mètres, arrêtée, Richardson récitait ses gammes.
Seul son fameux tir à la hanche, qui ouvrit, dans cette même salle en 2001, les portes d'un deuxième titre mondial à la France, n'a pas été effectué.
A trente secondes de la fin du match, les deux équipes laissent le héros de la soirée seul sur le terrain, ballon en main. Il le transmet à son fils, Melvyn, pour le dernier but du match, avant une pensée chargée d'émotion pour sa famille et la remise symbolique de son maillot à son successeur.
C'est fini sur une ultime victoire, pas celle, anecdotique (34-33) du terrain, mais celle de l'amitié. "Jack" part comme il est arrivé, avec tout son talent, sur et en dehors du terrain, sa gentillesse et son éternel sourire. Sa grosse tignasse manquera sur les terrains de handball, pas à Melvyn et Ivana qui profiteront à temps plein de leur papa.

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