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Congrès de la FCPE: des parents d'élèves "inquiets" de la politique éducative

Par Karine PERRET AFP - Samedi 10 mai, 12h42

PARIS (AFP) - Des délégués de parents d'élèves réunis au congrès de la FCPE à Epinal samedi se disent inquiets de la politique éducative du ministre Xavier Darcos, qu'il s'agisse du service minimum, des nouveaux programmes du primaire ou encore de la suppression des cours le samedi matin dans les écoles.

Interrogé par l'AFP peu avant l'ouverture du congrès, Jean-Louis Dupuy, président du Pas-de-Calais, prévient qu'il y aura "des positions très fermes contre le train d'annonces" égrené par le ministre de l'Education tout au long de sa première année à cette fonction.

Et de citer en particulier son approche "mercantile" de l'Ecole, avec "11.200 suppressions de postes" prévues pour la rentrée. "L'Education, ce ne sont pas des économies!", lance ce responsable.

Pascale Barbe (Savoie) s'est rendue à Epinal "très inquiète, en raison de la rentrée qui s'annonce mal". "Avec les coupes dans les postes, on va vers la destruction du service public de l'enseignement", assure-t-elle. Le service minimum d'accueil dans les écoles, ce dispositif de garde qui va être remis en vigueur lors de la journée de grève du 15 mai - à laquelle appelle aussi la FCPE -, est aussi un sujet qui fâche: "on va dresser des fonctionnaires territoriaux (les agents municipaux, ndlr) contre d'autres fonctionnaires (d'Etat, c'est-à-dire les enseignants ndlr) ?", demande Jean-Claude François (Rhône).

Pour Catherine Belhomme, de la FCPE Hérault, cette mesure n'est rien "d'autre que de la poudre aux yeux". "Nous, ce qu'on demande, c'est que les enseignants absents pendant l'année soient remplacés. Or ce n'est pas le cas", déplore-t-elle.

Alors que la suppression du samedi matin à la rentrée en primaire est présentée par le ministre comme une demi-journée "rendue aux familles", Jean-Luc Ballouard (Ille-et-Vilaine) dénonce le fait que le temps scolaire "va passer de 26 à 24 heures hebdomadaires, soit un semestre complet qui disparaît depuis la petite section de maternelle jusqu'à la fin du CM2 !"

"Et cela, alors que dans le même temps, on nous dit que 15% des élèves en fin de CM2 ne savent pas lire", ajoute-t-il. "Enlever deux heures, avec des nouveaux programmes qui ne sont pas allégés, je ne vois pas comment on va pouvoir faire mieux !", renchérit Mme Belhomme.

Tous déplorent l'instauration par M. Darcos de nouveaux programmes en primaire, "sans aucune concertation avec les instances représentant les parents", qui marquent un retour "aux années 1940, où l'élève n'est plus qu'un béni-oui-oui", selon les termes de Mme Barbe.

Ces parents d'élèves sont aussi nombreux à s'inscrire en faux contre l'idée selon laquelle les relations avec les enseignants seraient difficiles. "Les rapports sont bons et sereins. Les profs sont disponibles. La difficulté vient plutôt du côté des administrations (les proviseurs, les principaux), qui sont peut-être soumis à trop de pression", estime M. François.

Seul bon point attribué par Mme Barbe à M. Darcos: son action en faveur de l'allègement du poids du cartable, une revendication forte de la fédération qui a mené plusieurs campagnes en ce sens. "Là, on a l'impression d'être entendus, mais cela ne concerne que le périscolaire. On aimerait être entendus sur le reste", affirme-t-elle.

Ce congrès de la première fédération de parents d'élèves (325.000 adhérents, 20% des voix aux élections dans le primaire, 54% dans le secondaire) se termine lundi.

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