LONDRES (AFP) - EDF aurait soumis vendredi une offre de rachat à British Energy, la seule pour le moment, alors que d'autres grands opérateurs européens réfléchissent eux aussi à une opération qui leur assurerait une influence majeure sur le renouveau du nucléaire britannique.
"EDF a soumis une proposition au conseil d'administration de British Energy vendredi matin", a affirmé la BBC sur son site internet, sans donner d'indications sur le prix.
"Aucune autre offre n'a été effectuée mais des contre-offres effectuées dans un futur proche devraient être étudiées avec beaucoup d'attention", a ajouté le média britannique.
British Energy comme EDF se sont refusés à tout commentaire.
Selon la presse européenne, d'autres géants tergiverseraient, comme l'Allemand RWE, propriétaire au Royaume-Uni de Npower, ou l'Espagnol Iberdrola, qui possède Scottish Power. Acheter British Energy, qui possède huit des dix centrales britanniques, leur assurerait une forte emprise sur le nucléaire britannique.
Les deux soupèseraient apparemment un rachat en alliance avec le Britannique Centrica qui ne souhaite pas rester absent du processus.
Mais selon l'agence Thomson Financial News, qui cite des sources financières, Iberdrola n'a pas déposé d'offre et n'a pas pris de décision sur le sujet.
EDF, qui fait figure de "grand favori" selon le Daily Telegraph, et paraît le plus avancé vendredi, première date butoir informelle posée par la banque de British Energy, NM Rothschild, pour le dépôt de propositions, serait prêt à offrir entre 9,2 et 10,2 milliards de livres (entre 11,7 et 13 milliards d'euros).
Déjà propriétaire au Royaume-Uni du fournisseur d'électricité EDF Energy, le Français viendrait par ailleurs d'acheter des terrains près de deux sites nucléaires britanniques.
Le Royaume-Uni possède actuellement dix centrales nucléaires vieillissantes, et dans ce pays longtemps riche des hydrocarbures de mer du Nord, la part du nucléaire dans l'électricité consommée représente seulement 19%, contre 80% en France.
Après des années d'atermoiements, et malgré l'opposition des écologistes, le gouvernement a donné le 10 janvier son feu vert à la construction de nouvelles centrales dont la première doit ouvrir en 2017.
Anticipant l'arrivée de ce gâteau géant, les constructeurs de réacteurs nucléaires, comme EACL, General Electric-Hitachi, Westinghouse, ou le Français Areva, allié à EDF, sont sur les rangs.
La seule information officielle dans cette affaire est le communiqué du 17 mars de British Energy, qui a convenu être "en discussions avec des parties intéressées" par un partenariat ou son rachat complet.
Mais un achat de British Energy se complique d'une inconnue de taille: que souhaite faire le gouvernement britannique des 35,2% du capital qui lui restent, vestige de l'aide publique d'urgence apportée au groupe en 2002? L'an dernier, le Trésor en a déjà vendu 28% sur le marché pour 2,34 milliards de livres.
A-t-il l'intention de vendre de nouveau tout ou partie de sa part sur le marché? Ou bien à un opérateur unique? Ou plutôt à plusieurs pour assurer la concurrence comme le pense le Crédit Mutuel-CIC, pour qui il n'est pas possible que "le gouvernement britannique +lâche+ British Energy à un seul acteur"?.
Le secret entretenu par le gouvernement, critiqué par l'opposition conservatrice, n'a pas été rompu fin mars, lorsque pas un mot public sur le nucléaire civil n'a accompagné la rencontre entre le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy.
Or l'Etat français est tout autant intéressé à l'avenir de British Energy que la Couronne britannique, puisqu'il possède 84,9% d'EDF.

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