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Le pétrole améliore son record à Londres, taquine les 124 dollars à New York

AFP - Jeudi 8 mai, 12h50

LONDRES (AFP) - Le baril de pétrole taquinait jeudi le seuil de 124 dollars à New York, tandis qu'à Londres il a inscrit un nouveau record à 122,79 dollars, poursuivant une course en avant dont l'élan et la rapidité laissaient perplexes la majorité des observateurs.

Le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a inscrit mercredi vers 10H00 GMT mercredi un nouveau record de 122,79 dollars à Londres, améliorant d'un cent sa performance de la veille. A New York, les prix ont atteint mercredi le prix record de 123,93 dollars.

Vers 10H15, les cours s'échangeaient à 122,70 dollars à Londres et 123,71 dollars à New York.

Ce dernier bond en avant des prix du pétrole paraît d'autant plus remarquable qu'il est déconnecté des mouvements du dollar. En effet, le billet vert a repris nettement du terrain sur l'euro depuis quelques jours (il évoluait à 1,5347 dollar contre un euro jeudi à 10H15 GMT, loin de son record de la mi-avril), ce qui en théorie aurait dû peser sur les prix du pétrole.

Le regain de vigueur du dollar érode le pouvoir d'achat des investisseurs munis d'autres devises.

"Sachant que la course en avant du pétrole est capable d'ignorer le dollar, il n'est pas étonnant non plus que les chiffres du Département américain de l'Energie (DoE) aient été laissés de côté", remarquait aussi Olivier Jakob du cabinet Petromatrix.

Le DoE a en effet annoncé mercredi une forte progression des réserves de brut américaines, de 5,7 millions de barils la semaine dernière.

"Etant donné le raffermissement du dollar, la hausse importante des stocks (américains) de brut, et les nouvelles baissières en provenance du Nigeria, il est étrange que les prix du pétrole demeurent si fermes", s'étonnait de son côté Michael Davis, analyste de la maison de courtage Sucden.

"C'est peut-être le sentiment que les risques subsistent, et, aussi après les propos récents de Goldman Sachs et du ministre iranien aujourd'hui (jeudi) sur la possibilité d'un pétrole bientôt à 200 dollars, le sentiment que tout est possible en ce moment sur ce marché", avançait-il.

Amorcé vendredi, ce dernier bond des prix du pétrole a été provoqué par des craintes sur l'offre au Nigeria et un regain de tensions géopolitiques au sujet de l'Iran, quatrième producteur mondial de brut.

Se sont ajoutés des signes indiquant une résistance de l'économie américaine, notamment une accélération des gains de productivité au premier trimestre. Des chiffres qui ont convaincu les investisseurs que la demande énergétique n'allait pas baisser aux Etats-Unis, malgré le ralentissement de la croissance.

Dans un tel élan, "le seuil de 125 dollars le baril va être le prochain grand test", a annoncé Olivier Jakob.

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