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L'UMP accuse l'AFP de "censure", Sarkozy s'en prend à la presse

AFP - Mercredi 7 mai, 23h03

PARIS (AFP) - L'UMP a de nouveau accusé mercredi soir l'Agence France-Presse de "censure" pour n'avoir pas diffusé un de ses communiqués, quelques heures après une mise en cause de plusieurs médias par Nicolas Sarkozy, qui s'était attiré des critiques du PS.

Sous le titre "Deux poids, deux mesures", le parti majoritaire a renouvelé ses attaques contre l'AFP, lui reprochant de ne pas avoir repris un nouveau communiqué concernant la condamnation (NDLR: en appel le 10 avril à Rennes) de Ségolène Royal dans un litige avec d'anciennes collaboratrices.

L'UMP "regrette que, sous couvert d'une ligne éditoriale, l'AFP censure un parti politique dont l'action est reconnue dans la Constitution", écrit le parti présidentiel dans un communiqué signé de ses trois porte-parole.

Le parti affirme que ce nouvel épisode "pose la question de la situation de quasi-monopole de l'AFP, de sa soi-disant ligne éditoriale et de l'objectivité qui lui est demandée dans ses statuts".

Quelques heures auparavant, lors d'une réception à huis clos des députés UMP à l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'en était pris à plusieurs médias, avaient rapporté plusieurs participants. Selon eux, le président a accusé le Parisien, l'Express et l'AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Mme Royal, son adversaire en 2007.

Il a aussi, selon plusieurs témoignages, reproché au Journal du Dimanche de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision. Il a encore visé Marianne, dont la dernière "Une" titrait, sur une photo du président, "Putain 4 ans!".

"Cette attitude n'est pas digne, ni de la fonction que (M. Sarkozy) occupe ni du respect que l'on doit au pluralisme de la presse", a jugé François Hollande, numéro un PS.

Le député PS Patrick Bloche a prôné un "renforcement" de la loi pour "garantir" la "liberté éditoriale" des médias.

Jean-Louis Bianco, autre député PS, a vu dans ces propos "le signe de l'extrême fébrilité qui règne à la tête de l'Etat". Aux yeux de l'ex-co-directeur de campagne de Mme Royal, les réactions de l'UMP à la condamnation de la présidente de Poitou-Charentes ont fait l'objet d'un large traitement de l'AFP, alors que "plusieurs communiqués de responsables socialistes dénonçant la tentative de récupération politique faite par l'UMP n'ont pas été repris par l'Agence. L'accusation de favoritisme est donc infondée".

Certains UMP se sont démarqués du dernier communiqué de leur parti contre l'AFP. Pour l'élu parisien Bernard Debré, "c'est une méthode inefficace, inamicale et inutile": "si on n'arrive pas à faire passer un communiqué, c'est qu'il n'est pas intéressant".

"Il y a une forme de déchaînement médiatique vis-à-vis de Sarkozy depuis plusieurs mois qui explique la nervosité à l'UMP", juge Alain Gest, député UMP de la Somme.

Mercredi soir, l'UMP réagissait à une condamnation par les syndicats de l'AFP de "pressions exercées par le porte-parole Frédéric Lefebvre".

Celui-ci avait lancé la charge le 1er mai en déplorant, par lettre ouverte au PDG de l'Agence, Pierre Louette, le non-traitement d'un de ses communiqués contre Mme Royal.

Le 2 mai, la Société des Journalistes de l'Agence avait vu dans la diffusion de cette lettre ouverte des "tentatives de pressions politiques".

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