TOKYO (AFP) - Le président chinois Hu Jintao est arrivé mardi à Tokyo pour la première visite depuis 10 ans d'un chef d'Etat chinois au Japon, symbole de la réconciliation entre les deux géants asiatiques, mais des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour protester contre sa venue.
Des milliers de policiers avaient été déployés dans la capitale pour assurer la sécurité du chef de l'Etat chinois et éviter qu'il ne croise les manifestations organisées par des défenseurs du Tibet et des organisations d'extrême droite, antichinoises.
"J'espère qu'à travers cette visite, nous pourrons renforcer notre confiance mutuelle et notre amitié, approfondir notre coopération et ouvrir un nouveau chapitre pour une relation mutuellement profitable entre la Chine et le Japon", a déclaré le président chinois à son arrivée.
M. Hu, qui est le deuxième président chinois à se rendre dans l'archipel depuis l'établissement des relations diplomatiques en 1972, séjournera au Japon jusqu'à samedi. Signe de l'importance que les Japonais accordent à cette visite, trois rencontres sont prévues avec l'empereur Akihito, dont les apparitions en public sont exceptionnelles.
Contrairement à la visite du président chinois Jiang Zemin en 1998, les questions liées à l'histoire douloureuse de l'occupation japonaise en Chine dans les années 30 et 40 ne devraient être qu'effleurées lors des entretiens avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda.
A quelques mois des jeux Olympiques de Pékin, Hu Jintao a intérêt à ce que son voyage, le premier à l'étranger depuis les émeutes au Tibet, soit couronné de succès. La Chine a besoin d'un environnement stable et pacifique pour poursuivre sa croissance économique et souhaite consolider la réconciliation avec son voisin japonais entamée en 2006.
Pendant son séjour exceptionnellement long, M. Hu va se livrer à une véritable offensive de charme auprès des Japonais, avec au menu une partie de ping-pong, des discussions avec des étudiants, des visites de sites historiques, et probablement l'annonce de l'envoi d'un panda chinois pour remplacer Ling Ling, le vieux panda du zoo de Tokyo mort de vieillesse la semaine dernière.
Mais MM. Fukuda et Hu ne manqueront pas d'aborder aussi les questions qui fâchent, comme le désaccord sur l'exploitation de gisements de gaz en mer de Chine orientale et la qualité sanitaire des produits alimentaires chinois, après la découverte au Japon de raviolis chinois contenant des pesticides. Sur le Tibet, question hautement sensible pour les Chinois, M. Fukuda devrait adopter un profil bas et rassurer le président Hu sur sa présence à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques à Pékin le 8 août.
Mais les défenseurs de la cause tibétaine sont déterminés à faire entendre leur voix pendant le séjour de M. Hu.
Mardi après-midi, quelque 4.200 personnes, selon les organisateurs, dont des Tibétains et des Ouigours, minorité musulmane de l'ouest de la Chine, ont défilé dans le centre de Tokyo, brandissant des pancartes proclamant "Ne tuez pas nos amis".
De leur côté, quelque 300 nationalistes japonais d'extrême droite, qui considèrent la Chine comme une menace pour le Japon, ont défilé dans le quartier commerçant de Ginza, en brandissant des portraits du président Hu barrés d'un ruban de la police sur lequel on pouvait lire "accès interdit".
Dans la soirée, plusieurs centaines de militants nationalistes ont tenté de perturber le dîner officiel offert par M. Fukuda dans un restaurant au centre du parc Hibiya, aux cris de "arrêtez le criminel Hu" et "Hu, dehors", mais la police a réussi à les maintenir à l'écart, a constaté un journaliste de l'AFP.

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