PARIS (AFP) - Les syndicats ont demandé mardi à garder la main sur l'ensemble de l'assurance chômage, à leur arrivée à Bercy pour une réunion avec la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde et le patronat.
"Il faut que le gouvernement nous laisse négocier sur toutes les questions, y compris l'offre valable d'emploi même si c'est un sujet compliqué", a déclaré Stéphane Lardy (FO), rappelant qu'une négociation était prévue avec le patronat, à une date dépendant du Medef, bien en mal de désigner son chef de file après le scandale de l'UIMM (patronat de la métallurgie).
Un dirigeant du Medef, Dominique Tellier, a précisé que la négociation paritaire démarrerait "avant les vacances".
Pour la CGT, convaincue que "le gouvernement veut chercher à baisser le taux de chômage en développant les travailleurs pauvres", le gouvernement doit "attendre" la fin de cette négociation et "prendre ses responsabilités" seulement si ceux-ci ne parviennent pas à définir l'offre valable d'emploi.
Lundi, le gouvernement a dévoilé un projet de réforme définissant certaines caractéristiques de l'offre d'emploi "raisonnable" impossible à refuser deux fois sous peine de voir son allocation suspendue deux mois.
Le système serait progressivement plus sévère par palier (3, 6, 12 mois). Dès le 4e mois de chômage, il faudra réduire ses prétentions à 95% du salaire antérieur. Au-delà de six mois, il faudra accepter un emploi même s'il nécessite un aller-retour de 60 km/jour ou de 2 heures de transport en commun. Au bout d'un an, le couperet tombera avec l'obligation de pourvoir tout emploi dans sa qualification, pourvu que le salaire dépasse l'allocation reçue.
Pour Annie Thomas, la vice-présidente CFDT de l'assurance chômage, "le gouvernement a pollué le débat avec cette question. Cela fait plaisir à l'électorat de droite, mais ce n'est pas la peine de faire une conférence avec les partenaires sociaux pour habiller des décisions s'il n'y a pas de réponses aux vraies questions".
"L'idée du contrat entre le chômeur et le service de l'emploi est intéressante mais elle doit être traitée par les partenaires sociaux, la loi doit seulement fixer un grand cadre", a-t-elle ajouté. Sinon, "c'est une aubaine pour les patrons qui pourront embaucher pour un demi-salaire".
La CFTC a "espéré que le gouvernement revienne sur sa décision" de légiférer lui-même sur l'offre valable d'emploi.
Pour la CFE-CGC (cadres), "le gouvernement met la charrue avant les boeufs en réfléchissant à la manière d'imposer des emplois aux gens, sans réfléchir à la manière de les accompagner".
Seules la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la CFE-CGC ont été conviées selon les règles encore non réformées de la représentativité syndicale, tandis que le Medef, UPA, CGPME représentent le patronat.
Ces derniers entendent garder la main sur les finances de l'Unedic.
"Nous aurions tous envie de mieux indemniser ! Mais avec quel argent ? Qui paie ? Il faut rester raisonnable. Plus on indemnisera, moins il y aura de salariés pour prendre les emplois vacants", a déclaré Jean-François Roubaud (CGPME) dans le Figaro.

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