PARIS (AFP) - L'UMP qui, depuis l'élection de son président à l'Elysée, a remanié deux fois son organigramme et subi une rude défaite électorale, s'efforce de s'imposer comme "force de proposition" et de soutien à Nicolas Sarkozy pour aborder l'an II du quinquennat.
"Nous n'avons pas à rougir" de cette première année, a lancé mardi soir Xavier Bertrand, nouvel homme fort du parti, à quelque 2.000 adhérents rassemblés Salle Gaveau pour commémorer sans le président, le premier anniversaire de son élection.
"Soyons résolument offensifs", a déclaré le secrétaire général adjoint, promu après la déroute aux municipales et cantonales, aux militants qui ont attendu en vain le champion dont ils avaient fêté la victoire dans la liesse, au soir du 6 mai 2007.
"L'opposition s'agite mais les réformes passent", a lancé le chef du gouvernement François Fillon. Il a passé en revue les principales réformes engagées, "une vraie révolution culturelle", avançant un bilan chiffré: "490 engagements, 60 réalisés, 187 en cours, ça fait 50% en un an".
Comptable du revers électoral du 16 mars, le secrétaire général Patrick Devedjian veut lui aussi un parti "plus offensif" et le dit aux militants dans le dernier numéro du magazine de l'Union, journal de l'UMP.
Le député des Hauts-de-Seine s'était vu confier, au lendemain de la présidentielle, la tête de la nouvelle direction collégiale d'une UMP privée de son président. Désormais, il doit composer avec un organigramme à forte empreinte sarkozyste, faisant la part belle aux fidèles de la campagne présidentielle : Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Rachida Dati.
Il veut croire que les dix ministres qui l'encadrent désormais dans les instances du parti seront un "atout supplémentaire" pour être "plus efficace" dans la pédagogie des réformes face à un parti socialiste, "de plus en plus audible" selon certains dans le parti.
"L'UMP doit se placer en permanence devant le gouvernement dans le débat d'idées" et "pour détecter les talents de demain", martèle Xavier Bertrand. Elle va à cet effet réorganiser ses instances locales et anticiper le renouvellement de ses fédérations (à l'automne, au lieu de début 2009).
"Nos adhérents doivent proposer et décider des orientations politiques de l'UMP", déclare M. Devedjian. Les nouveaux -le parti en revendique près de 78.000 depuis la présidentielle- ont été d'ailleurs conviés mardi au grand raout de Gaveau.
Plus qu'une "fête", le premier anniversaire se voulait un "rendez-vous démocratique et de travail" avec les adhérents, l'UMP se voulant "force de propositions novatrices", selon son porte-parole Frédéric Lefebvre, qui les multiplie comme autant de ballons d'essais (niches fiscales...).
Force de soutien aussi, alors que les sondages de popularité du président restent en berne: "on ne change pas de politique au premier coup de vent", a déclaré mardi soir le Premier ministre.

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