PARIS (AFP) - Les grandes manoeuvres ont débuté mardi à l'Assemblée, à Matignon et à l'Elysée pour parvenir au sein de l'UMP et avec les socialistes un compromis sur la réforme des institutions, qui paraît encore bien lointain tant il divise à droite comme à gauche.
Premier à tenter de déminer les oppositions, l'ex-Premier ministre Edouard Balladur a défendu devant le groupe majoritaire la réforme inspirée des propositions de son Comité sur l'avenir des institutions.
"Je crois pouvoir dire que commence à se dégager un consensus positif", sous réserve "d'améliorations", a affirmé ensuite le patron des députés UMP, Jean-François Copé.
Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a lui aussi esquissé quelques pistes de compromis, à commencer par l'épineuse question de l'expression du président devant le Parlement.
"Comme suggéré par Laurent Fabius", s'est amusé à souligner M. Accoyer, le chef de l'Etat pourrait parler, une fois par an, devant le Congrès et non plus devant chacune des deux chambres.
Ce droit de parole est rejeté par une majorité à gauche mais aussi à droite. Limiter son intervention au seul Congrès a été diversement apprécié: "je suis moins réticent, mais je n'en vois pas l'intérêt", a indiqué Bernard Debré (UMP), toujours résolu à "voter contre". Pour François Goulard (UMP, villepiniste) "cela reste un caprice et n'a aucun intérêt".
En dehors des fabiusiens, le PS est toujours contre. "S'il doit venir devant le Congrès sans débat, on peut aussi bien le regarder à la télé", résume Catherine Genisson. Pour André Vallini, "une fois par an, c'est moins choquant, mais pas plus acceptable".
D'autres pistes ont été tracées par M. Accoyer qui a notamment souhaité que "la majorité fasse des propositions" sur la prise en compte du temps de parole du président dans les médias avec celle du gouvernement, lorsqu'il intervient sur des questions de politique intérieure.
Pour l'instant, à gauche, seul Jack Lang a applaudi à ces initiatives en proposant, devant la commissions des Lois, d'autres pistes comme un renforcement du contrôle de l'exécutif par le Parlement, idée chère à M. Copé.
Il a tenté de désamorcer l'hostilité de la majorité à une réforme du mode de scrutin pour les sénatoriales en proposant son étalement dans le temps, "sur 2 ou 3 législatures".
Mais il s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part de M. Copé. Ce dernier a refusé à nouveau de parler de "compromis" avec la gauche.
La possibilité d'un "arrangement bipartisan" inquiète pourtant déjà le Nouveau Centre et le PCF.
Le gouvernement espère toujours boucler d'ici au 20 mai un accord qui lui assurerait les 3/5èmes des suffrages exprimés nécessaires à la révision, lors d'une réunion du Congrès le 7 juillet à Versailles
Après deux rencontres à l'Elysée, les parlementaires UMP seront reçus mercredi par Nicolas Sarkozy. D'ici là, les tractations se sont poursuivies tous azimuts avec la rencontre entre François Fillon et les responsables PS à Matignon puis entre M. Copé et son homologue PS, Jean-Marc Ayrault.
Mais en fin de journée, le compromis semblait mal engagé. A l'issue de sa rencontre avec M. Fillon, François Hollande (PS) a mis en garde contre une réforme faite de "retouches et de subterfuges".
"On est dans une démarche de dialogue mais la balle n'est plus dans notre camp", a-t-il ajouté.
M. Ayrault et Arnaud Montebourg ont quant à eux vu un Premier ministre "prêt à bouger" mais "la majorité, très divisée, n'a pas de marge de manoeuvre".

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