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institutions: début des grandes manoeuvres en vue d'un compromis

Par Béatrix BACONNIER-MARTIN AFP - Mardi 6 mai, 17h53

PARIS (AFP) - Les grandes manoeuvres ont débuté mardi à l'Assemblée, à Matignon et à l'Elysée, pour trouver au sein de l'UMP et avec les socialistes un compromis sur la réforme des institutions qui continue de diviser à droite comme à gauche.

Premier à tenter de déminer les oppositions, l'ex-Premier ministre Edouard Balladur a défendu devant le groupe majoritaire la réforme inspirée des propositions de son Comité sur l'avenir des institutions.

"Je crois pouvoir dire que commence à se dégager un consensus positif", sous réserve "d'améliorations", a affirmé ensuite le patron des députés UMP, Jean-François Copé.

Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a lui aussi esquissé quelques pistes de compromis, à commencer par l'épineuse question de l'expression du président devant le Parlement.

"Comme suggéré par Laurent Fabius", s'est amusé à souligner M. Accoyer pour insister sur cette main tendue, le chef de l'Etat pourrait parler, une fois par an, devant le Congrès et non plus devant chacune des deux chambres.

Ce droit de parole est rejeté par une majorité à gauche mais aussi à droite. Limiter son intervention au seul Congrès a été diversement apprécié: "je suis moins réticent, mais je n'en vois pas l'intérêt", a indiqué Bernard Debré (UMP), toujours résolu à "voter contre" le texte. Pour François Goulard (UMP, villepiniste) "cela reste un caprice et n'a aucun intérêt".

En dehors des fabiusiens, le PS est toujours contre. "S'il doit venir devant le Congrès sans débat, on peut aussi bien le regarder à la télé", résume Catherine Genisson. Pour André Vallini, "une fois par an, c'est moins choquant, mais pas plus acceptable".

D'autres pistes ont été tracées par M. Accoyer, comme la validation par une majorité des 3/5èmes en commission des nominations au Conseil Constitutionnel, au CSA et au CSM. Il a souhaité que "la majorité fasse des propositions" sur l'incorporation du temps de parole du président de la République dans les médias à celle du gouvernement lorsqu'il intervient sur des questions de politique intérieure.

Pour l'instant, à gauche, seul Jack Lang a applaudi à ces initiatives en proposant lui-même, devant la commissions des Lois, d'autres pistes comme un renforcement du contrôle de l'exécutif par le Parlement, idée chère à M. Copé.

Il a tenté de désamorcer l'hostilité de la majorité à une réforme du mode de scrutin pour les sénatoriales en proposant son étalement dans le temps, "sur 2 ou 3 législatures".

Mais il s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part de M. Copé. Ce dernier a refusé à nouveau de parler de "compromis" avec la gauche.

La possibilité d'un "arrangement bipartisan inquiète pourtant déjà le Nouveau Centre et le PCF.

En confirmant l'inscription du texte à l'ordre du jour de l'Assemblée, le gouvernement espère toujours boucler d'ici au 20 mai un accord qui lui assurerait les 3/5èmes des suffrages exprimés, nécessaires à la révision constitutionnelle, le 7 juillet à Versailles.

Après un petit-déjeuner mardi de la majorité à l'Elysée, tous les parlementaires UMP seront reçus mercredi par le chef de l'Etat. D'ici là, les tractations se poursuivent tous azimuts avec la rencontre entre François Fillon et les responsables PS mardi après-midi à Matignon puis entre M. Copé et son homologue PS, Jean-Marc Ayrault.

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