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Michel Fourniret pleure pour la première fois à son procès

AFP - Mardi 6 mai, 18h39

CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (AFP) - Michel Fourniret, accusé aux assises des Ardennes de sept meurtres aggravés de jeunes filles, a pleuré pour la première fois à son procès, mardi, alors que la fille d'un des ses anciens employeurs s'efforçait de le faire sortir de son mutisme.

Le face-à-face avec Dominique Catoire, 55 ans, héritière de l'entreprise du même nom, où Fourniret a travaillé comme fraiseur puis chef d'équipe dans les années 1960, s'est produit au premier jour de l'examen de la personnalité de l'accusé, 66 ans.

Alors qu'elle témoignait à la barre de la relation forte entre son père aujourd'hui décédé et le jeune Fourniret, Mme Catoire a demandé à s'adresser directement à l'accusé, puis a tenté pendant de longues minutes d'obtenir les explications dont il prive la cour depuis six semaines.

"Ce que Papa t'a enseigné, c'est l'amour de ton prochain et surtout d'admettre tes erreurs et de les assumer. Fais-le pour lui", a-t-elle imploré.

- Dominique je n'ai pas pris une décision à la légère, si je parle on va faire les gros titres avec un exhibitionnisme déplacé.

- Tu les fais déjà, crois-moi (...) il est encore temps de dire +excusez-moi j'ai fait des grosses conneries+

"Je ne peux pas", lâche alors Fourniret en pleurs, alors qu'il tentait jusque là de réprimer ses sanglots. Il s'agrippe à la paroi du box et ajoute : "J'ai pris une décision (de ne rien dire hors huis clos, ndlr), je ne peux en changer".

Selon lui "on ne peut demander pardon pour ce qui est impardonnable". "Demander pardon ça ne tient pas en deux mots, en deux phrases, mais en toute une vie. L'orgueilleux que je suis ne répondra pas!".

Au cours du face-à-face, Fourniret a nié à nouveau toute implication dans les assassinats de Marie-Angèle Domèce en 1988 et de la Britannique Joanna Parrish en 1990 (dossiers qui lui ont valu une double mise en examen en mars) et dans la disparition d'Estelle Mouzin en 2003.

"Je te jure sur ce qu'il y a entre nous, et c'est précieux, que je ne suis absolument pas concerné par ces affaires-là", poursuit Fourniret, jugé au côté de son épouse et complice présumée Monique Olivier.

Prenant le relais de Mme Catoire, l'avocat général Francis Nachbar rappelle que Fourniret a déjà pleuré "deux ou trois fois" au cours de l'enquête, preuve selon lui de son humanité. "Vous êtes un homme après tout, dites nous comment vous fonctionnez ?", demande-t-il.

Pas de réponse de l'accusé.

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