BELGRADE (AFP) - La campagne pour les législatives serbes a pris un tour particulièrement virulent, à moins d'une semaine du scrutin, alors que les pro-européens sont soumis à de vives critiques voire même à des menaces de mort.
Les attaques se sont intensifiées depuis la signature la semaine dernière à Luxembourg d'un accord de rapprochement entre la Serbie et l'Union européenne (UE), une cérémonie à laquelle le président pro-européen, Boris Tadic, a assisté.
Le chef de l'Etat a fait depuis l'objet d'une série de menaces de mort, la dernière sous forme d'une lettre citée lundi par le quotidien Blic.
"Il obtiendra ce qui est dû à tout traître au peuple serbe : une balle dans le front", a indiqué la lettre.
Les législatives du 11 mai vont opposer les partis pro-européens regroupés autour du président Tadic aux nationalistes eurosceptiques et russophiles.
Ce scrutin d'une importance comparable à la présidentielle qui a marqué il y a huit ans la chute du régime autoritaire de Slobodan Milosevic, a pris l'allure d'un référendum pour ou contre l'Europe des 27.
Alors que la campagne électorale est entrée lundi dans la dernière ligne droite, les attaques verbales se sont multipliées tandis que l'issue du scrutin demeure particulièrement incertaine.
Des affiches, qualifiant M. Tadic et le vice Premier ministre Bozidar Djelic qui a signé l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'UE, comme des "ennemis de l'Etat" sont apparues en divers endroits de Belgrade à la fin de la semaine dernière.
Le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica du Parti démocrate de Serbie (DSS) et le Parti radical serbe (SRS, ultra-nationaliste) ont considéré la signature de cet accord comme une "trahison" estimant qu'il revenait pour la Serbie à reconnaître l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février.
En mars dernier, M. Kostunica a dissous le gouvernement refusant de gouverner avec les pro-européens restés favorables au rapprochement avec l'UE malgré le soutien de Bruxelles à l'indépendance du Kosovo.
Un proche de M. Kostunica, Velimir Ilic, leader de la petite formation populiste Nouvelle Serbie (NS), a emboîté le pas au Premier ministre, qualifiant les pro-européens de "traîtres qui ont vendu le Kosovo" et refusant à l'avance de constituer avec eux une éventuelle coalition.
Selon un récent sondage, les ultranationalistes sont crédités de 36% des intentions de votes contre 35 % pour les pro-européens regroupés autour de M. Tadic.
M. Kostunica obtiendrait 12%, devant le Parti libéral démocratique (LDP), le seul parti serbe à accepter l'indépendance du Kosovo, qui recueillerait 8% et le Parti socialiste de Serbie (SPS) de Milosevic qui obtiendrait 7%.
Certains analystes estiment toutefois que les forces pro-européennes pourraient arriver légèrement en tête dans la mesure où, selon un autre sondage, les deux tiers des électeurs serbes approuvent la signature de l'ASA.
Elles auront toutefois besoin du soutien d'un autre petit parti pour pouvoir empêcher le DSS de M. Kostunica et le SRS ultranationaliste de constituer une coalition gouvernementale.
Le DS, le SRS et le DSS doivent tenir leurs meetings de clôture mardi et jeudi.

Balkans
L'actualité de la Serbie, de la Bosnie, de la Croatie et du Kosovo
Copyright © 2008 Yahoo! Tous droits réservés.