WASHINGTON (AFP) - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a achevé lundi une nouvelle tournée au Proche-Orient après avoir chargé les diplomates américains en Israël de surveiller l'aspect "qualitatif" de la levée de barrages militaires israéliens en Cisjordanie.
Dans l'avion la ramenant à Washington, elle a estimé que les barrages israéliens récemment levés n'amélioraient pas suffisamment la vie quotidienne des Palestiniens.
Mais à l'issue de deux jours de discussions à Jérusalem marquées par pas moins de quatre rencontres avec le ministre israélien de la Défense Ehud Barack, responsable du dossier, elle n'a pas annoncé de nouvel accord.
"Cela signifie que nos observateurs vont se rendre dans les communautés (palestiniennes), parler aux gens qui tentent d'apporter des produits agricoles au marché, parler aux gens qui essaient de passer des barrages et avoir une meilleure idée de la façon dont les accès et mouvements fonctionnent", a-t-elle précisé.
"Ce qu'il faut faire, c'est voir l'effet sur une population précise ou une entreprise précise, un commerce par exemple, dans un endroit précis". "Nous allons commencer à le faire". Ce sont des employés de l'ambassade américaine en Israël qui se chargeront de cette mission, a précisé la secrétaire d'Etat.
Lors de sa précédente visite dans la région, Mme Rice avait obtenu d'Israël un accord sur la levée de barrages routiers érigés pour protéger les populations israéliennes.
Or selon un rapport de l'ONU, Israël a levé 44 "obstacles" en Cisjordanie sur les 61 qu'il s'était engagé à supprimer. Mais la plupart n'ont que peu ou pas d'importance et la population palestinienne se plaint de ses difficultés de déplacements qui pèsent sur l'activité économique de Cisjordanie au risque de radicaliser l'opinion.
Sur la question de la poursuite des activités de colonisation israélienne, l'un des principaux obstacles aux négociations de paix israélo-palestiniennes, Mme Rice n'a pas non plus obtenu d'engagement d'Israël.
Alors que le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union Européenne, Russie et ONU) a appelé vendredi Israël à "geler toute activité (d'extension) des colonies, y compris la croissance naturelle", la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni, interrogée à ce sujet dimanche, s'est gardée de s'engager publiquement.
"Il est clair que nous devons nous occuper de la situation sur le terrain d'un côté. De l'autre, Israël respectera ses obligations de la Feuille de route", a-t-elle simplement déclaré, laissant entendre que l'arrêt de la colonisation dépendrait de la sécurité sur le terrain.
Mme Rice a reconnu lundi que les propos de Mme Livni ne répondaient pas aux attentes du Quartette. "Je n'ai vu aucun changement (..) dans ce que Tzipi Livni a dit", a-t-elle dit. "Mais nous continuerons à faire pression sur cette question.
Bien que le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, ait fait état d'un "écart toujours très large" avec la partie israélienne, elle a réaffirmé que les négociateurs israéliens et palestiniens faisaient des progrès sur les négociations de paix lancées en novembre à Annapolis, avec pour objectif de parvenir à un accord sur les contours de l'Etat palestinien avant fin janvier 2009.
"J'ai eu des discussions étendues avec eux et j'en suis ressortie confortée dans ma confiance dans ce qu'ils sont en train de faire", a-t-elle dit.
Les graves ennuis du Premier ministre israélien Ehud Olmert, visé par une enquête pour corruption, ont pesé sur la visite de Mme Rice, qui a refusé de faire tout commentaire sur cette affaire "interne" israélienne.
M. Olmert a rencontré le président Abbas lundi. Israël a fait état de "progrès significatifs" après cet entretien mais les Palestiniens se sont montrés plus réservés.

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