SANAA (AFP) - Au moins 18 personnes, en majorité des soldats, ont été tuées vendredi dans un attentat à l'entrée d'une mosquée de Saada (nord-ouest), que l'armée yéménite a imputé à la rébellion chiite active dans cette région.
L'explosion, qui a fait également 45 blessés, s'est produite au moment où les fidèles quittaient après la prière la mosquée ben Salmane, située près d'un camp militaire, selon les témoins.
Selon des sources militaires sur place, l'explosion est due à une moto piégée.
Des soldats, mais aussi des femmes et des enfants, qui demandaient l'aumône aux portes de la mosquée figurent parmi les morts et la majorité des blessés sont des militaires, selon ces sources.
Cet attentat n'a pas été revendiqué mais un responsable local a déclaré à l'AFP qu'il portait la marque des "Houtistes", la rébellion de la minorité zaïdite.
"Les terroristes criminels adeptes du terroriste Abdoul Malak al-Houti sont derrière ce crime horrible", a dénoncé pour sa part à l'agence officielle Saba un responsable du ministère de l'Intérieur, en allusion au dirigeant sur le terrain de la rébellion chiite.
Celui-ci a toutefois démenti dans un communiqué son implication. Abdoul Malak al-Houti a condamné l'attaque "tragique" et appelé à "rechercher la vérité avec objectivité" afin d'identifier les auteurs de l'attentat.
Le chef rebelle a également accusé, sans les nommer, les auteurs de chercher à torpiller les efforts de paix en cours à Saada, appelant la population de la province à resserrer les rangs.
Dans la soirée, le ministère de l'Intérieur a annoncé l'arrestation à un barrage dans la région de Saada de plusieurs hommes armés soupçonnés d'être les auteurs de l'attentat. Le ministère, cité par Saba, a indiqué disposer d'informations selon lesquelles ces hommes étaient restés dans leur voiture aux abords de la mosquée pendant la prière, avant de prendre la fuite après l'explosion.
La province de Saada est le fief de cette rébellion, où des combats avec les forces gouvernementales ont fait des milliers de morts depuis 2004.
Selon des témoins, l'explosion aurait pu viser l'imam de la mosquée, qui est également un officier de l'armée et qui adhère à la tendance salafiste (rigoriste, sunnite) de l'islam.
Il n'a pas été blessé, selon des témoins.
La mosquée ben Salmane, à l'instar des autres mosquées au Yémen, est fréquentée par les sunnites comme par les partisans du zaïdisme.
Branche du chiisme, le zaïdisme est minoritaire au Yémen, à majorité sunnite, mais majoritaire dans le nord-ouest du pays.
La rébellion a commencé dans les environs de Saada, une région montagneuse et pauvre, et s'est poursuivie en dépit de tentatives de médiation du Qatar.
Dirigés à l'origine par Hussein Badreddine al-Houti, tué par l'armée en 2004, ces "Jeunes croyants" également appelés "Houtistes" rejettent le régime du président Ali Abdallah Saleh. Ils appellent au rétablissement de l'imamat zaïdite, renversé par un coup d'Etat militaire en 1962.
Outre cette rébellion, le Yémen est la cible régulière d'attentats attribués à ou revendiqués par Al-Qaïda.
L'ambassade des Etats-Unis à Sanaa a reçu l'ordre d'évacuer son personnel non-essentiel après de récentes attaques armées dans la capitale revendiquées par le réseau d'Oussama ben Laden, dont la famille est originaire du Yémen.
Le 18 mars, un policier et une élève avaient été tués à Sanaa dans une attaque à l'explosif contre une école pour jeunes filles, non loin de l'ambassade américaine.
Une série d'attentats visant des Occidentaux, dont de nombreux touristes, a frappé depuis 2000 le Yémen où par ailleurs la population, à structure tribale, est fortement armée.
Al-Qaïda avait revendiqué l'attentat suicide d'octobre 2000 contre le navire de guerre USS Cole, dans le port d'Aden (sud), où 17 marins américains ont trouvé la mort.

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