HARARE (AFP) - Les discussions entre la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) et l'opposition sur l'issue du scrutin présidentiel, suspendues jeudi sur un désaccord, doivent reprendre vendredi à 07h00 GMT.
La réunion à huis clos, qui visait à aboutir à un consensus sur les élections du 29 mars, a été interrompue jeudi en fin d'après-midi, l'opposition affirmant l'avoir emporté dès le premier tour face au chef de l'Etat Robert Mugabe.
Selon des sources présentes au cours de cette réunion, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a affirmé que son candidat, Morgan Tsvangirai avait remporté 50,3% des suffrages, synonyme de victoire dès le premier tour.
Cependant, la ZEC a assuré que Tsvangirai n'avait remporté que 47,8% des suffrages, contre 43,2% pour le président Mugabe et 8% pour l'ex-ministre dissident Simba Makoni.
L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), parti au pouvoir, a soutenu qu'aucun candidat n'avait obtenu la majorité absolue au premier tour.
"Le MDC a avancé un chiffre de 50,3%. (...) Les chiffres de tous les autres se situent entre 47 et 48%" pour le MDC, a indiqué à l'AFP une des sources.
Ni M. Mugabe, 84 ans, ni M. Tsvangirai, 56 ans, n'étaient présents lors de cette réunion.
Le porte-parole de la ZEC, Utloile Silaigwana, a nié l'existence d'un désaccord majeur à ce stade. "Nous n'avons pas fini nos comparaisons, parce que certains participants ont dit qu'ils n'avaient pas tous les chiffres et qu'ils les apporteraient demain" (vendredi), a-t-il affirmé, à l'issue de près de quatre heures de discussions.
De son côté, le représentant du chef de l'opposition, Chris Mbanga, a affirmé que le processus se passait "très bien".
Aucun calendrier concernant l'annonce des résultats définitifs n'a été annoncé. "Cela peut prendre une journée, deux, cela peut prendre une semaine, peut-être un mois", avait déclaré M. Mbanga avant le début des débats.
Jeudi matin, M. Tsvangirai a nouvelle fois affirmé qu'il avait remporté la majorité absolue. "Il n'y a pas besoin d'un second tour", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision France 24.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est déclaré prêt de son côté à accepter les résultats du second tour des élections présidentielles et a invité l'opposition à en faire de même, a annoncé jeudi soir le gouvernement sénégalais dans un communiqué.
Selon le chef de l'opposition, le climat de violence et d'intimidation qui domine dans le pays depuis le 29 mars rend impossible la tenue d'un second tour.
Les Etats-Unis ont demandé jeudi au président du Zimbabwe Robert Mugabe de "cesser les violences" suite aux attaques présumées à l'encontre de partisans de l'opposition, et ont réclamé la publication des résultats des élections.
Nombre d'organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé des violences à travers le pays depuis un mois. Human Rights Watch (HRW), a accusé l'armée d'être "responsable d'une nouvelle vague de violations des droits de l'Homme dans le pays".
Des dizaines de partisans de l'opposition ont été interpellées depuis les élections générales du 29 mars.
Au moins 30 d'entre eux, parmi lesquels le journaliste indépendant Frank Chikowore, sont toujours écroués. Ils sont accusés d'être impliqués dans des incidents violents au cours d'une grève générale peu suivie, organisée le 15 avril à l'appel du MDC.
Preuve des tensions suscitées par l'interminable attente des résultats, la police zimbabwéenne a annoncé avoir l'intention d'interroger le numéro deux de l'opposition, Tendai Biti, qu'elle accuse d'avoir violé la loi électorale en annonçant la victoire de son leader début avril.
Il y a une semaine, la Commission électorale a confirmé la victoire historique de l'opposition au Parlement pour la première fois depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie du Sud britannique en 1980.

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