La peine du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik confirmée

Une cour d'appel tunisienne a confirmé la peine de six mois de prison infligée en novembre au journaliste et opposant Taoufik ben Brik, accusé d'agression, apprend-on auprès de son avocat Radhia Nasraoui. Lire la suite l'article

Accusé d'avoir agressé une femme, Ben Brik a été arrêté en octobre. Il nie les faits et se dit victime d'une machination.

Des militants pour la liberté d'expression ont pris fait et cause pour le journaliste et dénoncé des charges fabriquées de toutes pièces pour le faire taire.

Les autorités ont démenti toute motivation politique et affirment que personne ne doit être au-dessus des lois.

"Je vais entreprendre une action en justice devant les Nations unies contre le gouvernement tunisien", a dit à Reuters la femme du journaliste, Azza Zarad.

Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières, s'est dit "déçu". "Nous pensons que Ben Brik est innocent", a-t-il dit.

Agé de 49 ans, cet opposant notoire au président Zine el Abidine Ben Ali collabore avec plusieurs journaux français.

L'affaire a provoqué des tensions diplomatiques entre les deux pays amis, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, exprimant sa déception après l'arrestation du journaliste. Ben Ali a dénoncé une "ingérence étrangère" dans les affaires intérieures tunisiennes.

La Tunisie est sensible aux critiques des pays de l'Union européenne car elle souhaite obtenir un statut de partenaire privilégié de l'UE.

La famille de Ben Brik, dont sa femme, a dit ce mois-ci avoir entamé une grève de la faim pour demander sa libération pour raisons sanitaires. Selon Amnesty International, il souffre de diabète, de diarrhée chronique et du syndrome de Cushing, qui provient d'une désordre hormonal.

Le journaliste était poursuivi sur la foi d'une plainte d'une femme, qui lui reproche de l'avoir agressée et d'avoir endommagé sa voiture lors d'une dispute dans la rue.

Il se dit victime d'un piège tendu par la police tunisienne.

Les défenseurs des droits de l'homme accusent la Tunisie de se servir de la police et des tribunaux pour faire taire les opposants au régime, dirigé depuis 23 ans par Ben Ali.

Version française Grégory Blachier et Clément Guillou

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