L'UMP digère mal "l'unionisme" dans ses listes des régionales

Les listes de l'UMP pour les élections régionales des 14 et 21 mars, que Nicolas Sarkozy a voulu marquées par le renouvellement au nom de "l'unionisme", passent mal au sein du parti présidentiel. Lire la suite l'article

Validées sans grande conviction par seulement 60% des voix, lors du conseil national de l'UMP samedi dernier, elles continuent de faire des vagues dans les rangs du mouvement.

Sujettes à d'ultimes tractations, elles étaient toujours en cours de finalisation mardi. "Ce sont seulement des queues de liste qui restent à boucler", relativise-t-on à l'UMP.

Mais les échos en provenance des régions sont moins rassurants si l'on en croit plusieurs élus qui ont de nouveau manifesté leur mécontentement mardi lors de la réunion hebdomadaire du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

L'Île-de-France, Midi-Pyrénées, le Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d'Azur, notamment, poseraient toujours problème. Vingt des 22 régions métropolitaines, à l'exception de la Corse et de l'Alsace, sont aux mains de la gauche.

"On peut comprendre des réserves au lendemain d'une réunion d'investiture où, par définition, ayant fait le choix d'une majorité très large (...), il y avait forcément quelques déceptions", a déclaré Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, à l'issue de la réunion.

Des "recalés" ont exprimé leur colère au Premier ministre, François Fillon, ont rapporté des participants.

"On a eu l'occasion d'aborder cela avec le Premier ministre", a simplement précisé Jean-François Copé.

Comme samedi au conseil national, le chef du gouvernement a rejeté les états d'âme en appelant à l'unité.

Il a appelé "tout le monde à se plier aux décisions prises", a dit le président du groupe UMP, qui s'est rangé aux consignes.

"Je comprends parfaitement les déceptions qu'ont pu exprimer certains de nos amis. En même temps, maintenant, on doit vraiment n'avoir pour seul objectif que le rassemblement le plus large possible", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

"14 PIEDS DANS UNE CHAUSSURE"

A l'initiative du chef de l'Etat, la majorité aborde ce scrutin intermédiaire, traditionnellement malaisé pour le pouvoir en place, avec des listes d'union allant du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers à La Gauche moderne de l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, en passant par Chasse, Pêche, Nature, Traditions (CPNT) de Frédéric Nihous.

L'exécutif espère ainsi dégager au premier tour une dynamique à même de limiter la casse au second face à une gauche portée par des sondages favorables.

"On a voulu anticiper par rapport à ce que va faire la gauche, parce que la gauche le soir du premier tour, ils vont s'égorger entre amis pour récupérer des places au détriment du projet", a expliqué Franck Riester, directeur national de la campagne UMP pour les régionales.

Selon le décompte de l'UMP, 65% des listes de la majorité présidentielle ont été renouvelées par rapport aux précédentes régionales de 2004: 23 des 26 têtes de listes sont nouvelles, tout comme 80 des 100 têtes de listes départementales.

Un grand chambardement favorable aux alliés de l'UMP - Nouveau Centre, MPF, Progressistes, Gauche moderne, Parti chrétien démocrate, chasseurs - et plus douloureux pour les "historiques" de l'UMP.

"Chez eux, ça passe mal", confirme un membre du parti.

Le parti majoritaire se targue en outre du ralliement d'une dizaine de personnalités du MoDem de François Bayrou et de quelques recrues socialistes.

En Île-de-France, région emblématique du combat qui s'annonce, l'entourage de la ministre Valérie Pécresse, tête de liste UMP, se réjouit de compter "dix fois plus de diversité sur les listes UMP qu'en 2004, sans apparatchiks".

Mais, concède-t-on, "c'est comme faire rentrer 14 pieds dans une chaussure".

Sophie Louet et Emile Picy, édité par Gilles Trequesser

Copyright ©2010 Yahoo!, Tous droits réservés

Mise à jour données personnelles