La Cour suprême du Brésil s'est déclarée mercredi favorable à l'extradition de Cesare Battisti vers l'Italie, mais laisse au Président Luiz Inacio Lula da Silva, qui lui a accordé le statut de réfugié politique, le soin de s'opposer, s'il le souhaite, à l'avis qu'elle vient de rendre. Lire la suite l'article
La décision de laisser au chef de l'État la décision finale sur le sort de Battisti accroît a priori ses chances d'obtenir un asile définitif au Brésil, malgré les fortes pressions de l'Italie, où l'ancien militant d'extrême gauche a été reconnu coupable de quatre meurtres pendant les années 1970.
Les neufs juges de la Cour suprême ont débattu pendant plusieurs heures pour déterminer si Lula se devrait de suivre leur avis favorable à l'extradition, et ils ont finalement décidé par cinq voix contre quatre qu'il ne serait pas obligé d'en tenir compte.
Quelques heures plus tôt, le président de la Cour suprême, Gilmar Mendes, avait fait pencher la balance en faveur de l'extradition au sein de la juridiction suprême brésilienne. Les juges de la Cour suprême étaient divisés sur la décision à prendre, quatre y étant favorables et quatre opposés. Dans ce cas, c'est l'avis du président de la Cour qui tranche la question.
L'ancien activiste italien, qui rejette les accusations de meurtre, a entamé la semaine dernière une grève de la faim dans sa prison brésilienne.
Dans une lettre au Président Luiz Inacio Lula da Silva, il s'est dit prêt à mourir plutôt que d'être renvoyé en Italie.
En janvier dernier, le Président Lula lui a accordé le statut de réfugié politique, sur la recommandation de son ministre de la Justice, Tarso Genro et malgré de nombreuses critiques.
Battisti, aujourd'hui âgé de 54 ans, appartenait au groupe des Prolétaires armés pour le communisme. Il a été reconnu coupable de quatre meurtres en Italie pendant les années de plomb et condamné à la prison à vie.
Il s'est évadé d'une prison italienne en 1981 et a vécu en France, où il écrivait des romans policiers, jusqu'à ce que Paris approuve son extradition en 2006. Entré alors dans la clandestinité, il a par la suite été arrêté au Brésil.
Maria Carolina Marcello, version française Guy Kerivel et Éric Faye



